Entretien

La vie quotidienne

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Troubles de la motricité fine au quotidien

Bien que mon traitement médicamenteux soit optimisé, j’ai du mal à exécuter mes différentes activités manuelles et quotidiennes (p. ex. boutonner une chemise, utiliser le clavier du téléphone). Existe-t-il des exercices spécifiques pour améliorer la motricité fine ?

 

Le traitement dopaminergique est certainement le premier choix. Il agit de manière ciblée sur les principaux symptômes parkinsoniens moteurs, comme le ralentissement des mouvements (bradykinésie), la raideur et les tremblements. Cependant, le traitement médicamenteux ne suffit pas toujours pour rééquilibrer les troubles de la motricité fine existants – pour la partie du corps la moins touchée ou pour la plus touchée.


Dans le cadre de l’ergothérapie, les difficultés motrices fines au quotidien sont analysées et traitées de manière ciblée. Au cours de l’évaluation, on examine la force manuelle et les mouvements des doigts alternés et coordonnés. Cette analyse permet ensuite de concevoir des exercices spécifiques qui peuvent être réalisés à domicile. La micrographie, rapetissement typique de l’écriture manuelle, peut être entraînée à l’aide d’aides visuelles (lignes divergentes sur une feuille de papier). En outre, différents moyens auxiliaires peuvent faciliter le quotidien.

Dr phil. Tim Vanbellingen, septembre 2015

L'ergothérapie

Il est souvent question d’ergothérapie dans le cadre de la maladie de Parkinson. De quoi s’agit-il exactement et quelle en est l’utilité dans le cadre de la maladie de  Parkinson ?

 

L’ergothérapie, par des activités entraînées de façon ciblée, veut parvenir à une amélioration de diverses fonctions, surtout motrices, et éventuellement à soulager les douleurs. Les ergothérapeutes diplômées sont des experts en ce qui concerne l’accomplissement des activités quotidiennes. Elles analysent les activités et évaluent le degré d’incapacité des patients dans leur quotidien, elles coordonnent les activités par rapport aux fonctions conservées et entraînent les gestes de la vie quotidienne. Selon les besoins, elles facilitent ces activités en adaptant l’environnement (chaises, tables, ustensiles, lit etc.) et / ou avec l’aide de moyens auxiliaires spécifiques.

 

Les patients de toutes les tranches d’âge sont stimulés en utilisant différents concepts thérapeutiques qui se basent sur des données neurophysiologiques, neuropsychologiques et/ou psychosociales ainsi qu’en utilisant différentes techniques manuelles, créatrices et ludiques. Le but principal étant d’exercer des activités utiles à la vie de tous les jours. Le patient doit retrouver une certaine indépendance et liberté de mouvements dans le quotidien (p. ex. s’entraîner à se laver / s’habiller avec des patients qui ont subi un accident cérébrovasculaire ou exercer la perception des enfants souffrant d’un retard dans leur développement) en rétablissant ou en compensant les capacités qui sont diminuées. Chez les patients parkinsoniens, des exercices spécifiques permettent de réduire le handicap qui peut être très différent d’un patient à l’autre.

Prof. Dr méd. Mathias Sturzenegger (archives de Parkinson Suisse)

Travail et assurance sociale

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Travail à temps partiel

J’ai 54 ans. J’ai reçu le diagnostic de Parkinson il y a plus de deux ans. Actuellement, je travaille encore à 100 %, mais l’après-midi je suis très fatigué et j’ai du mal à accomplir mes tâches. J’ai l’intention de réduire mon temps de travail de moitié. Comment dois-je procéder ? À qui dois-je m’adresser ? Quelles sont les répercussions financières ?

Ne réduisez pas votre taux d’occupation sans certificat médical. La première étape consiste à faire évaluer votre capacité de travail par votre médecin traitant. Il est utile de lui expliquer dans quelle mesure et dans le cadre de quelles activités le Parkinson limite vos performances. Si une incapacité de travail partielle est attestée, remettez le certificat à votre employeur. Sous réserve que l’entreprise soit assurée en conséquence, vous serez ensuite inscrit à l’assurance d’indemnités journalières.

 

Si votre capacité de travail réduite perdure, vous devrez formuler une demande de prestations d’invalidité auprès de l’AI dans les six mois. Les répercussions financières varient selon les situations. Une consultation individuelle vous fournira les informations dont vous avez besoin à cet égard. Elle permettra d’aborder différents aspects de la maladie de Parkinson au poste de travail, ainsi que l’interaction des diverses assurances sociales.

Roselyse Salamin, conseil social et formation Parkinson Suisse,
septembre 2019

Licenciement abusif

Ma mère (60 ans) souffre de la maladie de Parkinson. Elle a toujours travaillé à plein temps. Actuellement, elle est employée par roulement. Son activité professionnelle la fatigue énormément, elle ne fait que travailler et dormir. Comment les autres personnes actives souffrant du Parkinson gèrent-elles leur maladie ? Est-ce que les parkinsonien(ne)s sont protégé(e)s contre le licenciement abusif ?

Nombreuses sont les personnes parkinsoniennes exerçant une activité professionnelle qui signalent la fatigue accrue dont souffre votre mère. Nous entendons souvent : « Effectivement, je peux encore tout faire, mais pas tout en même temps. » Il est essentiel d’aborder la question de la fatigue avec le médecin traitant. Lui seul pourra exclure toute cause pathologique autre que le Parkinson, par exemple l’existence de troubles du sommeil. Pour autant, la fatigue accrue reste un symptôme caractéristique précoce de la maladie de Parkinson. Les personnes concernées doivent déployer beaucoup plus d’énergie pour effectuer le même travail.

 

La carence en dopamine limite et ralentit les mouvements automatiques, qui doivent de nouveau être réalisés consciemment. Ou comme le disent souvent les parkinsonien(ne)s : « Je dois me concentrer davantage sur des mouvements très simples. ». Vous expliquez que le quotidien de votre mère se limite à travailler et à dormir. C’est un constat alarmant. Un épuisement dû au Parkinson, et consécutivement une soudaine incapacité totale de travailler, pourraient s’ensuivre. De nombreuses personnes atteintes de la maladie de Parkinson ont pu éviter ce scénario catastrophe en demandant une incapacité de travail partielle, tout à fait judicieuse et généralement attestée par les médecins. Il serait assurément pertinent de considérer la situation de votre mère dans le cadre d’une consultation spécialisée, qui permettrait également d’aborder les questions relatives à la couverture d’assurance.

 

Il conviendrait de définir la meilleure manière d’informer l’employeur et éventuellement les collègues de travail, notamment au vu du fait qu’un simple diagnostic ne suffit pas à motiver une protection contre le licenciement. Seule une incapacité de travail attestée par un certificat médical ouvre droit à une certaine protection sous la forme d’une période de non-résiliation du contrat de travail. D’une durée maximum de 180 jours, elle est définie dans l’article 336c du Code des obligations.

Roselyse Salamin, conseil social et formation Parkinson Suisse,
septembre 2019

Syndromes parkinsoniens atypiques

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Parkinson et traitement par injection de cellules souches

Mon frère (60 ans) souffre depuis quelques années d’une forme atypique de Parkinson. Il peut encore marcher. Nous faisons tout notre possible pour l’aider et enrayer l’évolution de la maladie. Le traitement par injection de cellules souches a-t-il une chance de réussite dans le cadre du Parkinson atypique, notamment en ce qui concerne la motricité ?

 

Malheureusement, la littérature scientifique ne fournit aucune information probante concernant le traitement des formes atypiques de Parkinson par injection de cellules souches. Les publications thématiques sur le niveau d’efficacité du traitement reposent uniquement sur diverses observations subjectives qui ne permettent pas d’évaluation définitive.

Dr méd. Claudio Städler, juin 2018

Le Parkinson atypique

Mon épouse (76 ans) souffre d’un syndrome parkinsonien atypique. Elle ne tremble pas, mais souffre de vertiges. Elle a du mal à marcher et à monter les escaliers et elle est très sensible à la lumière. Elle ne quitte notre domicile que si elle est accompagnée. Auriez vous des conseils à nous donner ?

 

En cas de Parkinson atypique, la médication antiparkinsonienne peut aider aux stades précoces. Elle permet d’améliorer le ralentissement des mouvements (bradykinésie) et la raideur, mais agit très peu sur la marche et les déséquilibres. Cette efficacité recule au fur et à mesure de la progression de la maladie. Le traitement d’un syndrome parkinsonien atypique reste donc un défi et comme le syndrome idiopathique, il n’est pas encore curable. Les traitements de réadaptation sont utiles.

 

La physiothérapie, notamment l’entraînement à la marche et les exercices d’équilibre, sont efficaces. Elle peut améliorer la mobilité et également rendre un certain degré d’autonomie. Il en va de même pour l’activité sportive régulière, en tenant compte des intérêts et des possibilités, par exemple en piscine si la personne risque de chuter. L’activité physique a également un effet positif sur les fonctions mentales. En cas de blocages de la marche (freezings), des exercices ciblés et l’apprentissage de stratégies peuvent aider à surmonter les difficultés (cf. encadré). Afin d’éviter les blessures en cas de chute, il existe des « pantalons de protection » rembourrés.

 

Les vertiges peuvent avoir différentes causes. S’ils apparaissent surtout au lever et sont dus à une basse tension artérielle, boire en quantités suffisantes et manger plus salé s’avère efficace, de même que porter des bas de contention. Si cela ne suffit pas, un traitement médicamenteux de l’hypotension artérielle peut être envisagé avec un médecin. En ce qui concerne la photosensibilité, il convient d’en déterminer la cause. En cas de doute, un examen spécialisé permettra de diagnostiquer une éventuelle pathologie oculaire. Le port de lunettes de soleil peut être une solution pratique. D’autres options thérapeutiques ciblent les différents symptômes. Parlez-en à votre médecin.  
Dr méd. David Benninger, juillet 2018

Mouvement et sport

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Physiothérapie et médicaments

La physiothérapie intensive, le qi gong ou un autre sport peuvent-ils éviter la prise de médicaments comme Madopar® ?

La physiothérapie et le mouvement d’une manière générale peuvent avoir des effets positifs sur les symptômes moteurs et non moteurs de la maladie de Parkinson. L’objectif des exercices physiques est de maintenir une qualité de vie satisfaisante et de pallier à diverses complications et problèmes de nature motrice et générale dus au Parkinson. Ils ne visent pas à réduire la prise des médicaments antiparkinsoniens, qui sont adaptés à l’état clinique et neurologique de chaque patient. Dosés correctement, Madopar® et d’autres antiparkinsoniens assurent la mobilité nécessaire à l’exécution correcte des exercices physiques, ce qui serait plus difficile sans médicaments compte tenu de symptômes tels que la raideur.

Dr méd. Claudio Städler, juillet 2018

L'importance des exercices physiques

Est-il important, pour une personne atteinte de la maladie de Parkinson, de faire régulièrement des exercices physiques? Est-ce que faire de l’exercice a un effet favorable sur l’action de certains médicaments. Cela améliore-t-il la mobilité ?

 

Des exercices physiques réguliers, pratiqués chaque jour ou mieux plusieurs fois par jour (promenades, gymnastique en groupe ou à la maison, monter les escaliers, faire du Nordic Walking etc.) font partie des plus importantes mesures du « traitement à long terme » de la maladie de Parkinson. Ils améliorent la mobilité, ils préviennent les contractures articulaires, musculaires et celles des tendons, ils améliorent la circulation sanguine, ils préviennent les thromboses et améliorent l’élasticité de la peau. Finalement, ils « libèrent et stimulent » aussi l’esprit. Faire des exercices physiques n’a probablement pas d’influence directe sur l’action des médicaments – ce qui ne réduit en aucune façon l’importance de ces exercices.

Prof. Dr méd. Mathias Sturzenegger (archives de Parkinson Suisse)

Blocages et fluctuations

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Fluctuations

Je souffre de la maladie de Parkinson depuis 13 ans et jusqu’ici, la prise de Madopar® (3 fois par jour 200/50) me permettait de ne pas ressentir de douleurs et d’être apte à travailler. Dernièrement, mon état s’est dégradé : parfois je ne peux pas bouger, j’effectue des mouvements involontaires et suis incapable de rester assis calmement. Mon médecin a suggéré de me donner un agoniste. Mais j’ai peur des effets secondaires. Que feriez-vous à ma place ?

 

Votre description correspond aux complications habituelles, qui apparaissent presque toujours après plusieurs années de traitement médicamenteux contre Parkinson. Bien souvent, ces fluctuations et ces blocages apparaissent même beaucoup plus tôt que dans votre cas. Les récents désagréments que vous subissez sont dus à l’intermittence de votre prise de médicaments, qui provoque des variations du taux sanguin.

 

Il existe plusieurs mesures susceptibles de vous soulager : prenez vos médicaments en plusieurs fois dans la journée, mais par plus petites doses, faites en sorte de prolonger l’effet de vos médicaments, en les combinant, par exemple, avec de la lévodopa et des inhibiteurs de la COMT (Stalevo) ou en les appliquant de façon continue, par exemple en utilisant un patch (Neupro). Chacune de ces mesures doit être essayée l’une après l’autre. Il est également possible de les combiner.

Prof. Dr. med. Mathias Sturzenegger (archives de Parkinson Suisse)

Diagnostic

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Diagnostic Parkinson

Comment est-ce que l’on diagnostique le Parkinson, la « maladie agitante » ? Est-ce possible en examinant l’hémogramme, en d’autres termes en réalisant un bilan sanguin ?

 

Le diagnostic de la maladie de Parkinson (MP) est exclusivement clinique et repose sur un certain nombre de critères d’inclusion et d’exclusion organisés en trois étapes, selon la banque de cerveaux de la société britannique de la maladie de Parkinson : (1) présence de signes neurologiques typiques (bradykinésie associée à un tremblement de repos ou une rigidité ou une instabilité posturale) permettant d’affirmer l’existence d’un syndrome parkinsonien, (2) présence de signes neurologiques atypiques et exclusion de causes secondaires à ce syndrome parkinsonien, telles que traumatismes crâniens ou exposition à certains médicaments; (3) présence de caractéristiques cliniques fortement suggestives d’une MP, telles que tremblement de repos unilatéral, excellente réponse à la lévodopa et développement de dyskinésies. L’application stricte de ces critères permet d’établir un diagnostic avec une précision de l’ordre de 85 %.

 

Une erreur est possible, la plupart du temps en face d’un patient avec un autre syndrome parkinsonien dégénératif comme une atrophie multisystématisée (MSA). Pour améliorer la qualité du diagnostic, la MDS (société des mouvements anormaux) a récemment proposé une révision de ces critères en y incorporant certains biomarqueurs tels que l’analyse de l’olfaction. Dans la grande majorité des cas, ces tests sont anormaux en cas de MP.

 

Finalement, il convient de souligner qu’un diagnostic de certitude ne peut être obtenu que par un examen neuropathologique détaillé du cerveau après le décès des patients, sauf dans les rares cas de MP d’origine génétique où, grâce à une prise de sang, une analyse génétique permet d’affirmer avec certitude la présence d’une mutation pathogène responsable du syndrome parkinsonien. Pour répondre spécifiquement à votre  question, et sous réserve de cette situation très particulière, une prise de sang ne permet pas d’établir un diagnostic de MP, du moins pas pour l’instant.

Prof. Dr méd. Pierre Burkhard, juillet 2016

Diagnostic d' "AMS-C" : de quoi s'agit-il ?

Mon frère (68 ans) vient de recevoir le diagnostic d’« AMS-C » et son médecin lui a dit que cette maladie n’était pas ­curable. Est-ce vrai ? Qu’est-ce que l’AMS-C ? Que pouvons-nous faire ? Quels thérapies peuvent le soulager ?

 

L’abréviation « AMS » désigne l’atrophie multi­systématisée (je reviendrai plus tard sur le « C »). En d’autres termes, plusieurs systèmes fonctionnels du cerveau sont touchés, ce qui peut entraîner un grand nombre de troubles. Ils peuvent être résumés en trois complexes de symptômes. Le premier est un syndrome parkinsonien qualifié d’« atypique ». Contrairement au syndrome parkinsonien « typique » (ou syndrome parkinsonien idiopathique, SPI), les restrictions des mouvements (akinésie) et la rigidité musculaire (raideur) répondent de manière très insatisfaisante aux antiparkinsoniens. Par ailleurs, les chutes font leur apparition très tôt dans l’évolution de la maladie et la progression des symptômes est généralement plus rapide.

 

Le deuxième complexe de symptômes englobe les troubles du système nerveux autonome, que nous ne pouvons pas ou guère influencer volontairement. Parmi la multitude de symptômes possibles, citons notamment les troubles de la régulation de la tension artérielle et de la miction. En temps normal, la tension artérielle chute très peu quand nous passons de la station debout à la station allongée ou assise. Chez ces patients, cette régulation est perturbée, et une forte chute de tension peut se produire, ainsi que des vertiges et – dans les cas extrêmes  – une perte de conscience. Le traitement médicamenteux de ce trouble de la régulation présente le risque d’une tension artérielle trop forte en position allongée. Par ailleurs, en temps normal, la miction peut être retenue un certain temps en cas de besoin d’uriner. Le patient souffrant d’AMS a de plus en plus de difficultés à le faire et au fil du temps, une incontinence urinaire fait son apparition. Ces troubles, de même que d’autres troubles autonomes, peuvent aussi caractériser un syndrome parkinsonien idiopathique. Toutefois, il s’agit la plupart du temps de symptômes tardifs alors que dans le cadre de l’AMS, ils peuvent être le premier signe de la maladie.

 

Le troisième complexe de symptômes regroupe les troubles de la coordination des mouvements et de l’équilibre, qui sont principalement dus à une atteinte du cervelet.
Selon les patients, les trois complexes peuvent se manifester de manière plus ou moins marquée et dans un ordre très variable. En Europe, les syndromes parkinsoniens atypiques figurent généralement au premier plan. Dans ce cas, on parle d’­AMS-P . L’AMS-C est beaucoup plus rare, et les symptômes cérébelleux sont majoritaires (lat. Cerebellum = cervelet). Les personnes expérimentées peuvent identifier le tableau clinique de la maladie de façon fiable. Aux stades précoces en revanche, il n’est pas rare qu’une observation de plusieurs mois soit nécessaire afin d’établir un diagnostic.

 

Malheureusement, nos possibilités thérapeutiques pour les patients concernés sont très limitées. L’affirmation selon laquelle la maladie est incurable est malheureusement vraie. Il convient d’essayer de soulager au mieux les différents symptômes en tenant compte de leur gravité.

Prof. Dr méd. Hans-Peter Ludin (archives de Parkinson Suisse)

Alimentation

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Vitamine D

Une prise de vitamine D à forte dose peut-elle remplacer les antiparkinsoniens ou avoir une influence bénéfique ?

 

La vitamine D ne peut pas remplacer la dopamine qui fait défaut dans les neurones et n’est donc pas un substitut aux médicaments antiparkinsoniens traditionnels. Toutefois, elle joue un rôle important pour la santé des os, car elle favorise l’absorption du calcium et la minéralisation osseuse – qui garantissent le bon état et la robustesse des os. Elle bloque la libération de l’hormone parathyroïdienne (parathormone), qui stimule la résorption des tissus osseux et l’amincissement des os.

 

Les personnes atteintes de la maladie de Parkinson présentent souvent une carence en vitamine D et une faible densité osseuse, deux facteurs qui sont associés à un risque accru de fractures et de chutes. En conséquence, certain(e)s expert(e)s proposent aux parkinsonien(ne)s – notamment à celles et ceux qui sont alité(e)s ou nettement limité(e)s dans leur mobilité – de prendre chaque jour un complément alimentaire à base de calcium et de vitamine D. En effet, une grande partie de notre vitamine D est produite en réponse à l’exposition de notre peau aux rayons du soleil. Faites contrôler en temps opportun vos taux de calcium et de vitamine D par votre médecin traitant, qui déterminera si vous devez prendre des préparations complémentaires.

Dre méd. Ines Debove, décembre 2019

Attention au jus de pamplemousse

Comment le jus de pamplemousse interagit-il avec Sifrol® et Madopar® ?

 

Le jus de pamplemousse inhibe des enzymes (du système P450) présentes dans l’intestin et le foie qui sont essentielles pour la dégradation de différents médicaments. Cette boisson peut donc accroître la concentration des médicaments – ce qui présente un risque de surdosage. Certes, les interactions du pramipexole (Sifrol®) et de la combinaison lévodopa/bensérazide (Madopar®) avec le système P450 n’ont pas fait l’objet d’études, mais je vous recommande une consommation parcimonieuse de jus de pamplemousse. Certains médicaments antiparkinsoniens comme le ropinirole (nom commercial Requip®) ou les antidépresseurs souvent utilisés en cas de Parkinson peuvent interagir avec le jus de pamplemousse.

Prof. Dr méd. Stephan Bohlhalter, jullet 2019

Yogourt

J’ai lu un article sur la découverte de l’efficacité du D-lactate sur la maladie de Parkinson. Est-ce vraiment une lueur d’espoir ? Où puis-je acheter du yaourt bulgare ? Est-ce que les yaourts à la grecque ont le même effet ?

 

Dans une publication de 2014, les chercheurs de l’Institut Max Planck de biologie moléculaire et cellulaire et de génétique à Dresde ont mis en évidence une propriété du D-lactate (et du glycolate) qui restaurerait la fonctionnalité des neurones lésés de la substance noire. Pour parvenir à cette conclusion, les scientifiques ont examiné des neurones en culture issus de parkinsoniens présentant un défaut génétique spécifique (mutation de la protéine DJ-1) ou exposés à l’herbicide paraquat (interdit à la vente en Suisse depuis 1989). Depuis cette date, aucune autre donnée ne semble avoir été publiée sur le sujet.

 

Les analyses de laboratoire sont intéressantes, car le D-lactate « lévogyre » est présent dans les produits laitiers comme le yaourt et son mécanisme d’action s’attaque aux causes du Parkinson. La presse spécialisée indique que des études cliniques sont prévues à Dresde afin de contrôler si le d-lactate permet de soulager les symptômes parkinsoniens ou de ralentir la progression de la maladie. Nous avons hâte d’en découvrir les résultats.

 

En effet, le yaourt bulgare (Lactobacillus bulgaricus) est particulièrement riche en D-lactate. Pour autant, ingérer une à deux portions par jour ne semble guère suffisant pour produire un effet sur les neurones lésés par le Parkinson. Les yaourts en question doivent en outre contenir un lactate lévogyre spécifique (D-lactate) capable de passer la barrière hémato-encéphalique. Malheureusement, la grande majorité des yaourts distribués dans le commerce ne contiennent que du lactate dextrogyre.

Prof. Dr méd. Stephan Bohlhalter, mars 2018

Régime alimentaire

Existe-t-il un régime alimentaire spécifique aux parkinsoniens ?

 

Je suppose que vous faites allusion aux médicaments et à l’éventuelle concurrence entre les protéines alimentaires et l’efficacité médicamenteuse. Sont concernées les préparations à base de lévodopa comme Madopar®, Stalevo® ou Sinemet®. Il convient d’« expérimenter » soi-même pour découvrir quels aliments peuvent être en conflit, si tant est qu’il y en ait. Pour les repas, il serait judicieux de choisir les mêmes horaires que votre environnement social.


Pour élaborer un programme, considérez les remarques suivantes :

  • prévoyez de prendre vos médicaments au moins une demi-heure avant chaque repas (l’intervalle peut être plus long)
  • buvez au moins 2 dl de liquide pendant la prise de vos médicaments
  • ne prenez pas de médicaments pendant une heure à une heure et demie après le repas.

 

Ces mesures permettent généralement d’éviter que l’action médicamenteuse ne faiblisse. En définitive, votre neurologue doit déterminer avec vous la posologie et le moment adéquat pour la prise de vos médicaments.

Elisabeth Ostler, Parkinson Nurse, septembre 2017

Soins de la peau

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Visage huileux

Mon époux souffre de la maladie de Parkinson depuis 12 ans. Depuis quelque temps, il présente des taches rouges pelliculeuses sur la peau du visage. Des squames apparaissent également dans la barbe et à la racine des cheveux. Avez-vous un bon conseil à me donner ?

 

L’apparition d’altérations de la peau n’est pas rare chez les patients parkinsoniens. La peau peut être pelliculeuse, grasse et souvent légèrement rouge. Ces modifications sont connues sous le nom de dermite séborrhéique.

 

C’est la sécrétion accrue de sébum qui est à l’origine du « visage huileux » caractéristique de nombreux parkinsoniens. Un bon dosage médicamenteux peut permettre de réduire nettement, voire de faire disparaître ce symptôme. Si ce n’est pas le cas, un soin minutieux du visage s’avère indispensable pour la personne concernée. Par ailleurs, le patient doit se laver fréquemment les cheveux pour ne pas avoir l’air négligé (en effet, la plupart du temps la sécrétion anormalement élevée de sébum touche non seulement la peau du visage, mais également le cuir chevelu).

 

Nettoyez le visage deux fois par jour à l’aide d’un savon à pH neutre (par ex. lotion nettoyante Dermed). Le séchage ultérieur est très important. Il permet de frictionner les squames mortes. Les soins de la peau doivent être réalisés à l’aide d’une crème hydratante (Hydrolotion) ne contenant pas ou très peu de parfums. Il est possible d’appliquer ponctuellement, pendant quelques jours, une crème à base de cortisone (Hydrocortison) prescrite par le médecin sur les zones concernées. Pour le lavage des cheveux, utilisez de préférence un shampoing anti-séborrhée (par ex. Ektoselen). Vous pouvez vous le procurer en pharmacie.


Lavez quotidiennement les cheveux jusqu’à ce qu’une amélioration soit visible, puis réduisez la fréquence de lavage à un jour sur deux ou trois. Si l’effet n’est pas suffisant, votre médecin peut vous prescrire une lotion Betnovate Scalp.


Toutes les mesures décrites ne luttent que contre les symptômes. À l’arrêt du traitement, en cas de sollicitation ou de stress particulier, la peau se transformera à nouveau tôt ou tard. C’est la raison pour laquelle il convient d’appliquer rigoureusement les soins pour la peau décrits. N’ayez toutefois recours aux remèdes à base de cortisone (crème à la cortisone, lotion Betnovate Scalp) qu’en cas de reprise des problèmes de peau.

 

Il est possible que les éruptions cutanées que vous décrivez aient une autre origine. Je vous conseille de parler de la situation avec votre médecin et éventuellement de consulter un dermatologue.

Elisabeth Ostler, Parkinson Nurse, juin 2020

Coeur et circulation

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Vertiges et Parkinson

On m’a diagnostiqué le Parkinson il y a deux ans. À l’époque, j’ai ressenti un tressaillement dans l’auriculaire et le pouce de la main droite. Depuis, il s’est intensifié et il s’est étendu à ma main. Existe-t-il des  médicaments susceptibles de m’aider ? Par ailleurs, je souffredepuis peu de vertiges. S’agit-il également de symptômes de la maladie de Parkinson ?

 

La maladie de Parkinson (MP) ne peut pas être guérie, mais elle peut être traitée très efficacement par une variété de médicaments à disposition. Je vous conseille très vivement de consulter un neurologue afin de préciser le tableau clinique que vous présentez, de confirmer le diagnostic de MP et de débuter un traitement médicamenteux qui devrait vous soulager rapidement.

 

En ce qui concerne vos vertiges, ceux-ci ne font pas partie des symptômes cardinaux de la MP mais, en effet, peuvent survenir dans diverses situations : par exemple, il peut s’agir d’une impression d’instabilité liée à la maladie lorsque cette dernière est avancée (mais ceci ne semble pas être votre cas), il peut s’agir d’une hypotension orthostatique, c’est-à-dire une baisse de la pression artérielle en position debout, ou d’un problème vestibulaire (oreille interne) sans aucun lien avec la MP. Là encore, l’avis d’un spécialiste devrait permettre de préciser la nature de vos vertiges.

Prof. Dr méd. Pierre Burkhard, juillet 2016

Fluctuations de la pression artérielle

Je souffre de fluctuations de ma tension artérielle. Les médicaments que je prends pour Parkinson sont-ils en cause ? Pourrais-je éventuellement prendre en parallèle un médicament permettant de faire baisser ma tension ?

 

La maladie de Parkinson, ainsi que les médicaments destinés à la traiter, influent sur la tension artérielle et sur sa régulation. La maladie elle-même est responsable d’une diminution de la pression sanguine en position debout en raison des capacités réduites de la pompe musculaire et d’un dysfonctionnement de la contre-régulation sympathique. Les médicaments dopaminergiques (lévodopa, agonistes de la dopamine) provoquent une dilatation des vaisseaux qui accentue cette chute de tension en position debout (appelée hypotonie orthostatique). Cette diminution parfois notable de la tension artérielle en position debout peut entraîner les symptômes suivants : vertiges, douleurs dans la nuque, troubles de l’audition, difficultés à se tenir debout et démarche incertaine, jusqu’à la chute (collapsus).

 

Toutefois, de manière trompeuse, la pression sanguine est souvent plus élevée même en position allongée. Ainsi, si vous mesurez votre tension (seulement) en étant couché et prenez des médicaments afin de diminuer une pression sanguine trop élevée, votre tension artérielle sera également (trompeusement) diminuée en position debout. Ce qui aura pour seul effet d’empirer les douleurs et d’augmenter le risque de collapsus. C’est pourquoi il est important de mesurer votre tension artérielle en position allongée et debout avant de décider de la nécessité et du type de traitement à suivre. Parlez-en avec votre médecin.

Prof. Dr méd. Mathias Sturzenegger (archives de Parkinson Suisse)

Le Parkinson a-t-il des effets sur le myocarde ?

La maladie affecte surtout la motricité – et donc les muscles. Le cœur est-il également concerné ?

 

Sur le principe, on sait depuis longtemps que le Parkinson peut provoquer un trouble de la régulation végétative du cœur. On parle de « dénervation sympathique cardiaque ». Il en résulte entre autres que dans les situations de stress et en cas de chute de tension orthostatique, la fréquence cardiaque n’augmente pas pour compenser. Il existe aussi des effets « indirects » tels que le manque d’activité physique, qui dans le cadre d’une maladie de Parkinson peuvent conduire à un déconditionnement du système cardiovasculaire.

 

Certains antiparkinsoniens (p. ex. l’amantadine), notamment en combinaison avec quelques psychotropes (Seroquel, ISRS, antidépresseurs tricycliques), peuvent provoquer des troubles du rythme cardiaque ou une prolongation de la transmission des stimuli dans le cœur. D’autres médicaments antiparkinsoniens, qualifiés de « dérivés de l’ergot » (pergolide, cabergoline, etc.) peuvent entraîner une fibrose (atrophie) des valves du cœur et ne sont plus utilisés que dans des cas exceptionnels pour le traitement du Parkinson. Les résultats d’une étude d’après laquelle il existe des indices de recrudescence des infarctus cardiaques et des troubles du rythme chez les patients traités par entacapone (contenu dans les médicaments Comtan et Stalevo) sont controversés. Cependant, aucune recommandation de ne plus administrer ces médicaments ou seulement en respectant des mesures de précaution particulières n’a été formulée.

Dre méd. Helene Lisitchkina (archives de Parkinson Suisse)

Démence

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Développement démentiel en cas de Parkinson ?

Mon épouse (72 ans) souffre du Parkinson depuis près de quatre ans. Malheureusement, elle fait partie des patients également atteints d’un développement démentiel. Ce dernier s’intensifie depuis environ trois mois (hallucinations, confusion, perte de la notion du temps, désorientation, etc.). Que pouvons-nous faire ?

 

Les troubles que vous décrivez peuvent tout à fait prouver l’existence d’une démence. Toutefois, la progression rapide des symptômes et le fait qu’à certains moments, votre épouse soit tout à fait présente, ne permettent pas d’exclure que ces changements soient d’origine médicamenteuse. En effet, nous savons que les médicaments dopaminergiques utilisés dans le traitement antiparkinsonien peuvent provoquer une confusion et des hallucinations dans certains cas. Le médecin se trouve alors face à un dilemme, car la réduction de la médication peut aggraver les symptômes de la maladie.

 

Parfois, le recours à des médicaments antipsychotiques (neuroleptiques atypiques, p. ex. Leponex) permet d’atténuer les hallucinations sans réduire pour autant la posologie des antiparkinsoniens. L’administration de rivastigmine (Exelon) peut également être envisagée. Cette substance permettrait de freiner légèrement le développement démentiel, sans toutefois l’interrompre complètement. Ces adaptations médicamenteuses doivent être effectuées par des neurologues experts du Parkinson.

Dr méd. Claude Vaney (archives de Parkinson Suisse)

Parkinson et démence

Quel est le rapport entre maladie de Parkinson et démence ? D’un côté, on entend sans cesse qu’il n’existe pas de « démence Parkinson ». De l’autre, on lit que la maladie de Parkinson peut entraîner la démence – en partie à cause des médicaments. Que doit-on réellement croire ?

 

Une dégradation des capacités cognitives se manifestant au quotidien peut en effet compliquer l’évolution de la maladie de Parkinson. Toutefois, ce cas se présente rarement : la majorité des patients ne seront heureusement pas trop limités dans leur quotidien.

 

L’apparition d’une démence peut être liée aussi bien à la maladie de Parkinson qu’aux effets secondaires des médicaments. C’est pourquoi il est important, lorsque les premières difficultés apparaissent, de se faire prescrire par son médecin traitant un traitement simplifié : les médicaments anticholinergiques (par exemple Akineton, ainsi que certains antidépresseurs et antidiurétiques) doivent être supprimés ; dans la plupart des cas, une monothérapie au lévodopa est recommandée en cas de douleurs persistantes.

 

Si ces mesures restent sans effet, on peut envisager une démence liée à la maladie. Une médication spécifique, par exemple à base de rivastigmine, peut soulager les douleurs.

Dr méd. Fabio Baronti (archives Parkinson Suisse)

Estomac et organes digestifs

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La constipation

Je souffre de la maladie de Parkinson depuis quatre ans. Depuis, je suis de plus en plus sujet à la constipation. S'agit-il d'un symptôme de la maladie de Parkinson et que puis-je faire ?

 

L'apparition d'une constipation chez les parkinsoniens s'explique par deux raisons. D'une part, la mobilité de la musculature intestinale est réduite par la maladie en elle-même. D'autre part, la plupart des médicaments antiparkinsoniens provoquent une constipation. C'est la raison pour laquelle de très nombreux patients souffrent de tels problèmes.

 

On distingue deux différents types de constipation : on parle de « constipation de transit » quand (comme son nom l'indique) l'ensemble du transit dans le gros intestin dure beaucoup trop longtemps et que le contenue devient trop solide. En cas de « constipation terminale » en revanche, le transit (durée et consistance) du contenu intestinal est normal. Il s'agit d'une sécheresse et d'un durcissement des selles en toute fin de transit seulement.

 

Une digestion régulière est nécessaire pour une bonne absorption des médicaments. Veillez donc à pouvoir aller à la selle au moins tous les trois jours, voire tous les deux jours. Si, malgré des mesures conventionnelles telles qu'un exercice suffisant, une alimentation riche en fibres et une prise suffisante de liquides (1,5 à 2 litres par jour), vous souffrez de constipation, n'attendez pas trop longtemps avant d'avoir recours à un laxatif.

 

Les émollients fécaux sont judicieux (par exemple Movicol, Transipeg forte) en cas de constipation de transit. Contrairement aux laxatifs tels que le sirop de figue, la tisane Midro, Laxoberon ou autres, qui ne doivent être pris que pendant 2 à 3 jours afin d'éviter toute accoutumance, ils sont administrés régulièrement (1 à 3 fois par jour). Pour lutter contre la constipation terminale, les remèdes qui libèrent le gros intestin (suppositoires, Mikroclyss, lavements) sont indiqués. Il n'est pas rare que la prise régulière d'un émollient rende inutile tous les autres laxatifs.

Elisabeth Ostler, Parkinson Nurse, juin 2020

Problèmes gastriques

Depuis quelque temps, mon compagnon a des problèmes d’estomac. Âgé de soixante ans, il est parkinsonien depuis dix ans. Il vomit et ne se sent pas bien. Son hypotension artérielle fait aussi l’objet d’un traitement. La prise de Motilium® n’a pas amélioré la situation. Que pouvons-nous faire ?

 

Les problèmes gastriques ou digestifs sont fréquents chez les parkinsonien(ne)s et il s’agit d’une préoccupation majeure. Une approche systématique doit être adoptée pour effectuer le bilan d’évaluation et prescrire le traitement adéquat. En premier lieu, il convient d’exclure toute autre cause susceptible d’expliquer la nausée et les douleurs à l’estomac. Une gastroscopie doit être envisagée. Elle permettra également d’identifier la présence éventuelle d’une infection à Helicobacter pylori, que de récentes études ont associée à une mauvaise absorption de la L-dopa et qui peut être traitée efficacement.

Si cet examen n’apporte pas davantage de réponses, l’attention doit être portée sur les médicaments et sur leurs effets secondaires. La meilleure stratégie consiste à rester fidèle à une substance (la lévodopa) et, le cas échéant, à la substituer aux autres antiparkinsoniens. Son profil d’efficacité et d’effets secondaires est optimal dans une telle situation. L’adjonction de dompéridone (Motilium®) dans une posologie suffisante (3x10 mg/jour) mérite la considération, car elle favorise la motilité gastrique. D’après le Compendium des médicaments suisses, la dose maximale de Motilium® est de 30 mg par jour. Dans le contexte d’une gastroparésie (réduction des mouvements de l’estomac), il est parfois nécessaire d’augmenter la posologie (3x20 mg/jour). La gastroparésie témoigne de la participation du système nerveux autonome. Les problèmes de tension artérielle auxquels votre compagnon est sujet sont un autre signe d’altération sensible de la partie du système nerveux responsable des fonctions non soumises au contrôle volontaire.

Il conviendrait également d’envisager la stimulation cérébrale profonde (SCP). Cette option invasive serait sans doute indiquée compte tenu de l’âge de votre compagnon et de la durée de sa maladie. Elle permettrait de réduire la prise de médicaments et par conséquent, de limiter la gastroparésie – tout au moins en partie.

Dr méd. Georg Kägi, juin 2020

L'incontinence des selles - un embarras de taille

Je travaille dans un service d’aide et de soins à domicile en tant qu’infirmière. L’un de mes clients atteint de Parkinson souffre depuis peu d’incontinence fécale quotidienne. Pourriez-vous me dire comment je peux alléger ses souffrances ?

 

Les diarrhées sont en cas de Parkinson assez rares. Je pars du principe que le médecin de famille a déjà écarté les causes habituelles de diarrhée. Dans le cas que vous décrivez, celui de pertes fécales incontrôlées au quotidien, il pourrait s’agir de ce que l’on appelle la diarrhée paradoxale. Cela signifie que le rectum est saturé de selles dures ayant pris la forme de boules et qu’elles ne peuvent plus être éliminées spontanément. Or, comme le sphincter n’a plus assez de force pour se refermer complètement, le contenu pas encore durci de l’intestin finit par s’écouler de façon incontrôlée vers l’extérieur, entre ces boules stercorales. C’est ainsi que s’explique la plupart des cas d’incontinence anale survenant au cours de la maladie de Parkinson.

 

La résolution du problème passe par une vidange du rectum (lavement supérieur, évacuation manuelle). Dans le même temps, la prise régulière de laxatifs (comme Transipeg forte ou Movicol) permet d’éviter que le contenu de l’intestin s’assèche de nouveau aussi fortement. Il se peut que les patients aient besoin de lavements réguliers afin de vider le rectum.

Elisabeth Ostler, Parkinson Nurse, juin 2020

Brûlures d'estomac

Depuis quelques semaines, je souffre de brûlures d’estomac. Je prends du Sifrol et également de la L-Dopa depuis trois mois. Ce problème est-il lié au Parkinson ?

 

Les brûlures d’estomac peuvent avoir différentes causes. Il est possible qu’elles aient un lien avec les médicaments contre le Parkinson. La plupart du temps, cet effet secondaire apparaît en début de traitement et disparaît de nouveau en quelques semaines. Il existe de nombreux médicaments pour soulager les brûlures d’estomac. S’il est probable qu’elles soient liées aux médicaments contre le Parkinson, la prise temporaire de Motilium® peut s’avérer utile.

Prof. Dr méd. Hans-Peter Ludin (archives de Parkinson Suisse)

Médicaments

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Facteurs déclenchants

J’ai une question concernant l’article scientifique « Prévalence de la maladie de Parkinson » (magazine n°132, p. 28). Quels sont les médicaments qui, d’après l’étude, sont à l’origine de 43,4 % des formes non dégénératives des syndromes parkinsoniens ?

Plusieurs groupes de médicaments sont responsables de l’apparition de symptômes parkinsoniens. Les plus courants et les plus puissants sont les neuroleptiques. Ces médicaments sont utilisés contre les idées délirantes et hallucinations dans le cadre des pathologies psychiatriques comme la schizophrénie, mais ils sont aussi administrés aux personnes âgées vivant dans un home pour les apaiser. Les neuroleptiques entrent dans la composition de certains anxiolytiques (p. ex. Deanxit®). À l’exception des deux substances actives clozapine et quétiapine, les neuroleptiques doivent être évités par les parkinsonien(ne)s. Ils peuvent aggraver leurs symptômes pendant plusieurs semaines, jusqu’à ce que les récepteurs dopaminergiques qui ont été bloqués dans le cerveau se régénèrent.

 

Les antivertigineux sont également susceptibles de déclencher des symptômes parkinsoniens (voir question précédente). Il faut aussi tenir compte de cet effet secondaire des antinauséeux (p. ex. métoclopramide) et des antiépileptiques (p. ex. valproate).

Prof. Dr méd. Stephan Bohlhalter, juillet 2019

Le rôle de Rivotril® dans la survenance de chutes

Je suis un homme de 73 ans. Je souffre de la maladie Parkinson depuis 14 ans. Ces derniers temps, je chute souvent. Est-ce que cela peut être dû à la prise de Rivotril® à forte dose ?

 

C’est une question délicate. 14 ans après le diagnostic de Parkinson, les chutes ne sont malheureusement pas extraordinaires. Ceci étant dit, deux questions essentielles permettent de préciser leur nature.

1. À quel moment les chutes se produisent-elles ? Pendant les phases « on » (c’est-à-dire quand les médicaments sont efficaces) ou pendant les phases « off » ?

2. Les chutes accompagnent-elles un freezing (blocage pendant la marche) ou une festination (accélération involontaire de la marche) ? Sont-elles indépendantes de ces phénomènes ?

Si les chutes apparaissent indépendamment des freezings et de la festination durant les phases « on », c’est probablement le contrôle postural qui est perturbé. En d’autres termes, les réflexes automatiques qui nous empêchent de tomber en temps normal ne sont plus suffisamment précis et rapides. Dans une telle situation, le traitement est très difficile et l’accent est mis sur la prévention des chutes grâce à la physiothérapie et aux moyens auxiliaires. En revanche, si les chutes se produisent durant les phases « off » ou en même temps que des épisodes de freezing, l’ajustement du traitement peut permettre certaines améliorations.


Je présume que vous prenez Rivotril® le soir, pour lutter contre un type de trouble du sommeil spécifique (le trouble du comportement du sommeil paradoxal). La très faible dose généralement requise pour cette indication ne devrait pas avoir une influence déterminante sur le risque de chute. Toutefois, dans votre cas la simultanéité entre le début du traitement par Rivotril® et les chutes revêt une grande importance. Si vous chutez davantage depuis que vous prenez Rivotril® ou depuis que la posologie a été augmentée, il se peut que ce médicament soit l’un des facteurs de risque. La règle « autant que nécessaire, aussi peu que possible » s’applique. Si vous ne prenez pas Rivotril® en raison d’un trouble du comportement du sommeil paradoxal, une tentative d’interruption du traitement pourrait s’avérer judicieuse.

Dr méd. Georg Kägi, julliet 2020

Remplacer la dopamine

Après les analyses d’usage, il s’avère que ma femme ne réagit pas à la dopamine, et donc que ses « cures » de Madopar®, puis de Stalevo®, sont absolument inefficaces. A-t-on pu trouver un substitut à la dopamine ?

 

L’action des agonistes dopaminergiques est comparable à celle de la dopamine. Ils sont principalement recommandés pour retarder l’apparition de complications motrices chez les jeunes patient(e)s, qui ont tendance à les développer plus tôt. Toutefois, les agonistes sont généralement moins efficaces que la dopamine, ils requièrent une période d’adaptation plus longue et ils causent davantage d’effets secondaires – notamment de nature neuropsychiatrique. À long terme en revanche, aucune différence n’est constatée entre la dopamine et les agonistes en matière d’évolution de la maladie et de qualité de vie.

 

La non-réponse que vous mentionnez pourrait indiquer que votre épouse souffre d’un syndrome parkinsonien atypique. Il s’agit d’un groupe de maladies neurodégénératives qui, initialement, peuvent se manifester de la même manière qu’un Parkinson idiopathique. Au début, la réponse à la dopamine est bonne, ce qui justifie le diagnostic de Parkinson. Par la suite en revanche, l’évolution de la maladie est souvent caractérisée par une aggravation très rapide.

 

Relativement tôt, des pertes d’équilibre, des difficultés à marcher et d’autres symptômes qui ne répondent qu’en partie – voire pas du tout – à la dopamine se déclarent et remettent en question le diagnostic. Un examen de suivi auprès d’un(e) neurologue peut s’avérer bénéfique. Si le diagnostic présomptif de syndrome parkinsonien atypique est confirmé, il n’existe malheureusement pas (encore) d’alternative efficace à la dopamine en termes de traitement médicamenteux.

 

La physiothérapie (entraînement à la marche et exercices d’équilibre), et en cas de besoin, la logothérapie et l’ergothérapie, sont également utiles. Dans la mesure du possible, les activités physiques et cérébrales sont recommandées.

Dr méd. David Benninger, mars 2020

Akineton®

Je suis sous traitement par Madopar®. Mon médecin vient de me prescrire Akineton® pour évacuer des mucosités sur mes cordes vocales, ce qui m’aide effectivement à m’exprimer. Un autre médecin me recommande toutefois d’arrêter immédiatement la prise de ce médicament, qui serait à l’origine de démences. Est-ce vrai ?

Akineton® (bipéridène) est un médicament dit anticholinergique, utilisé principalement pour lutter contre les tremblements dans le cadre de la maladie de Parkinson. Les troubles mnésiques ou de la concentration sont des effets secondaires occasionnels de ce traitement, mais ils disparaissent de nouveau après l’interruption de la prise. Dans la mesure où vous le tolérez bien, vous pouvez continuer de prendre ce médicament. Si vous constatez des troubles mnésiques ou de la concentration, je vous recommande de réaliser un contrôle de suivi auprès de votre neurologue, qui pourra déterminer si la prise du médicament doit être interrompue.

Dre méd. Ines Debove, décembre 2019

Combinaison médicamenteuse

Sujet au syndrome des jambes sans repos, je suis sous traitement par Sifrol®. Compte tenu de l’apparition de troubles du sommeil, il m’a été recommandé de prendre Saroten®. Est-ce que c’est possible sans risque ?

 

Chacun de ces deux médicaments peut renforcer l’action sédative de l’autre. Si cette combinaison s’avère nécessaire, il convient de commencer avec la dose la plus faible possible et de surveiller de près l’apparition d’une fatigue accrue. Dès qu’elle survient, une autre stratégie médicamenteuse doit être envisagée.

Prof. Dr méd. Ulrich Roelcke, décembre 2018

Une seule prise quotidienne

Existe-t-il un antiparkinsonien qui ne doive être pris qu’une fois par jour ?

 

Plusieurs médicaments correspondent à cette description. Ils appartiennent aux groupes des agonistes dopaminergiques et des inhibiteurs de monoamines oxydases (MAO). Les agonistes dopaminergiques imitent et soutiennent l’action de la dopamine dans les neurones post-synaptiques qui présentent des récepteurs dopaminergiques. Toutefois, l’action dopaminergique des agonistes est généralement plus faible que celle de Madopar® par exemple, et ils occasionnent souvent davantage d’effets secondaires.

 

Sifrol®, Requip® et le patch Neupro® sont des exemples de médicaments de ce groupe. Les inhibiteurs de MAO freinent la dégradation de la dopamine dans la fente synaptique (l’espace situé entre les cellules qui produisent et émettent la dopamine et les cellules qui reçoivent ce neurotransmetteur). L’action de la dopamine s’en trouve renforcée. Les médicaments Azilect® et Xadago® font partie de ce groupe.

Prof. Dr méd. Ulrich Roelcke, décembre 2018

Durée d'action de Madopar

Quelle est la durée d’action de Madopar® DR 250 mg ? La notice ne fournit aucune indication concrète.

 

C’est une question très intéressante et très importante. Une réponse claire pourrait permettre de défnir précisément l’intervalle posologique (laps de temps entre deux prises de médicaments). Cependant, pour différentes raisons elle est loin d’être évidente.

1. La lévodopa (substance active de Madopar®) doit agir dans le cerveau, où elle est censée remplacer la dopamine, un neurotransmetteur rendu moins disponible par la maladie de Parkinson.

2. Le médicament (gélule ou comprimé) doit d’abord être dissous dans l’estomac, puis acheminé dans l’intestin grêle (vidange gastrique).

3. Il traverse ensuite la paroi intestinale pour passer dans le sang.

4. Le médicament doit alors quitter le sang pour parvenir au tissu cérébral par l’intermédiaire des capillaires, les plus petits vaisseaux cérébraux, à travers ce que l’on appelle la barrière hémato-encéphalique.

5. À ce moment-là seulement, la lévodopa (donc le médicament) est transformée endopamine (la véritable substance active) dans les neurones.

 

Au moins cinq processus déterminent donc quelle quantité de la substance médicamenteuse administrée parvient jusqu’au site d’action cérébral, à quelle vitesse elle agit et pour combien de temps. Par ailleurs, ces processus diffèrent selon les patients et ne sont guère mesurables. La vidange gastrique est à elle seule un mécanisme extrêmement complexe : elle comporte plusieurs phases, dépend de l’âge, du poids, du sexe, de la position du corps, du type de nourriture et du type de médication supplémentaire.

 

La fréquence et la durée des vidanges gastriques d’un(e) patient(e) sont difciles à évaluer. La vidange gastrique est cependant un facteur déterminant pour la durée d’action de Madopar®, par exemple. Si le médicament reste dans l’estomac, il ne peut pas agir – y compris s’il a été pris sous la forme d’une préparation à libération prolongée (DR). La vidange gastrique est également ralentie par le Parkinson. Une étude a révélé que chez les patient(e)s au stade précoce de la maladie, il faut attendre en moyenne 85 minutes pour que la moitié d’un repas standard soit évacué de l’estomac, contre 43 minutes chez les personnes en bonne santé et 220 minutes chez les parkinsonien(ne)s au stade avancé.

 

La durée d’action et le délai d’entrée en action doivent donc être   observés indépendamment pour chaque patient(e) et l’intervalle posologique établi en conséquence. Il est également recommandé de prendre les médicaments environ 45 minutes avant un repas et de ne pas les combiner avec des aliments riches en lipides ou en protides.En effet, la nourriture retarde et ralentit l’absorption du médicament dans l’organisme – en particulier quand elle contient beaucoup de graisses et de protéines.

Prof. Dr méd Mathias Sturzenegger, septembre 2018

Mal de mer et Parkinson

Je pars bientôt en croisière et je prends les médicaments suivants : Madopar, Stalevo, Trittico, Zoloft et Sifrol. Pouvez-vous me recommander un remède antinaupathique qui n’interagisse pas avec ma médication ?

 

La dompéridone (Motilium®) est un médicament qui permet de lutter contre les symptômes d’un éventuel « mal de mer ». Motilium® peut aussi être utilisé efcacement contre les problèmes gastriques (lourdeurs d’estomac, éructations, ballonnements) en cas de Parkinson – sur terre ou sur mer. Il peut être combiné sans problème avec les autres antiparkinsoniens. La fatigue peut être un éventuel effet secondaire. Il faudrait en tenir compte si vous deviez prendre le volant, mais en croisière cela n’a aucune incidence.

Prof. Dr méd. Mathias Sturzenegger, septembre 2018

Parkinson iatrogène

Différents syndromes parkinsoniens sont mentionnés dans la rubrique « Parkinson symptomatique » du magazine 113 (mars 2014, page 13). On y trouve le Parkinson iatrogène, déclenché par certaines substances actives chimiques. De quelles substances s’agit-il ?

 

Il s’agit principalement de substances qui bloquent les récepteurs dopaminergiques susceptibles de déclencher les symptômes parkinsoniens. La plupart d’entre elles appartiennent au groupe des neuroleptiques, qui sont employés pour lutter contre les maladies psychiatriques (psychoses, hallucinations). Certains médicaments contre la nausée et le mal des transports peuvent aussi exercer un effet inhibiteur sur la dopamine et entraîner des symptômes parkinsoniens.

 

Pour les personnes concernées, il est essentiel de savoir que deux médicaments sont à disposition en cas d’hallucinations visuelles : la quétiapine (p. ex. Sequase®) et la clozapine (Leponex®). Elles sont autorisées en raison de leur action antihallucinatoire ciblée sans interaction avec les symptômes parkinsoniens. En cas de nausée, la dompéridone (Motilium®) ou l’ondansétron (Zofran®) peuvent être utilisés : la première n’agit pas sur le système nerveux central et le mode d’action du second est indépendant de la dopamine.

Prof. Dr méd. Stephan Bohlhalter, mars 2018

Efficacité d’Azilect®

Azilect est-il efficace ? À en croire un forum sur Internet, ce médicament coûte cher. Peut-il être remplacé par la sélégiline et où est-il disponible ?

 

Le principe actif d’Azilect® est la rasagiline. Elle prolonge l’effet de la L-dopa (contenue dans Madopar® ou Sinemet®) et agit indépendamment et marginalement sur les symptômes parkinsoniens. La rasagiline est utilisée en complément lorsque la durée d’action de la L-dopa baisse, à savoir quand les variations d’action (« wearing off ») font leur apparition. De plus, elle peut être utilisée en monothérapie au stade précoce, quand les symptômes parkinsoniens ne sont pas encore très marqués. Ainsi, le besoin d’autres antiparkinsoniens, qui apparaît généralement au bout d’un à deux ans, peut être retardé.

 

La rasagiline et la sélégiline font partie du même groupe de médicaments, les inhibiteurs de la MAO-B, qui ralentissent la dégradation de la dopamine. Leur mode d’action est donc similaire. Toutefois, l’un des produits de métabolisation de la sélégiline agit de manière analogue aux amphétamines et peut donc provoquer davantage d’effets secondaires (p. ex. des hallucinations visuelles). Il est déconseillé aux parkinsoniens qui souffrent de déficiences cognitives. Quant à la substitution de la rasagiline par la sélégiline, elle n’est plus d’actualité car la sélégiline (Jumexal®) n’est plus commercialisée en Suisse depuis 2016.

Prof. Dr méd. Stephan Bohlhalter, mars 2018

Quand commencer la médication ?

J’ai 69 ans et on m’a diagnostiqué le Parkinson au début de l’année. Jusqu’à présent, je n’ai pris que de la vitamine B12 et du sélénium. Je souffre de tremblements de la main droite, je me fatigue vite et j’ai besoin de dormir beaucoup. Puis-je continuer à renoncer aux antiparkinsoniens ?

 

Actuellement, l’établissement du diagnostic ne se traduit pas nécessairement par l’obligation d’entamer un traitement médicamenteux. Toutefois, il existe peu d’éléments probants quant à l’avantage d’un début retardé du traitement médicamenteux pour le patient (mais tout dépend du choix du médicament). Ceci est dû entre autres à l’apparition des effets secondaires sur le long terme, qui dépend non seulement de la durée du traitement, mais aussi d’autres facteurs comme la durée de la maladie, la posologie et la prédisposition. Dans le cadre d’une étude, les patients qui ont pris la substance active lévodopa avec un certain retard ont développé des variations d’action au même moment que les patients sous traitement par lévodopa depuis plus longtemps. Sans surprise, une autre étude réalisée sur une durée de 18 mois a démontré que la qualité de vie des patients renonçant à tout traitement était moins bonne que celle des patients sous traitement.

 

D’une manière générale, il convient de commencer un traitement dès l’apparition de symptômes qui gênent le patient, entravent sa qualité de vie ou menacent son activité professionnelle. Si vos tremblements sont suffisamment incommodants pour que vous souhaitiez un traitement, une thérapie devrait être mise en place. À ce sujet, il faut souligner que de nombreux médicaments antiparkinsoniens entraînent une somnolence. Ainsi, un traitement médicamenteux peut éventuellement accentuer la fatigue que vous décrivez.

Prof. Dr méd. Carsten Möller, juillet 2017

Musculature et crampes

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Tension dans les jambes

J’ai un ami (41 ans) dont la mère arrive à la soixantaine et souffre du Parkinson. J’ai constaté que pendant la phase d’endormissement, il présentait parfois de fortes tensions musculaires dans les jambes. Il ne s’agit pas de secousses, mais d’une alternance de tensions et de relâchements. Cela ne se produit pas toutes les nuits, mais quand il est stressé les tensions sont accrues. Je ne suis pas sûre qu’il s’en rende compte et je n’ose pas lui en parler. Pourrait-il s'agir de signes de Parkinson ?

 

Les symptômes que vous décrivez sont très probablement des mouvements périodiques des jambes pendant le sommeil (PLMS). Ils ne sont pas obligatoirement liés à la maladie de Parkinson, mais souvent associés à un syndrome des jambes sans repos (Restless legs, RLS), très fréquent dans la population générale. Demandez à votre ami s’il ressent parfois le besoin de bouger les jambes au cinéma ou le soir devant la télévision car cela lui permet de soulager une tension ou d’autres sensations désagréables dans les jambes. Ce serait également typique d’un RLS.

 

En revanche, ce que l’on qualifie de trouble du comportement en sommeil paradoxal (TCSP, en anglais REM Behaviour disorder, RBD) est un trouble de la mobilité nocturne typique souvent lié à un syndrome parkinsonien. Il est caractérisé par des états d’agitation en phase de rêve, qui se manifestent par des coups ou des cris. La plupart du temps, les personnes concernées ne se souviennent pas des rêves, mais elles peuvent tomber du lit et pour le partenaire, cela peut s’avérer perturbant.

Dr méd. Matthias Oechsner, septembre 2016

Crampes récurrentes

Je suis infirmière et je soigne une patiente parkinsonienne qui souffre presque quotidiennement de fortes crampes dans la région de la nuque et des épaules pouvant durer jusqu’à 30 minutes. Pour les apaiser, elle s’allonge ou s’assoit dans son fauteuil roulant avec un coussin derrière la nuque . On dit pourtant que « toute pression engendre une résistance ». Le coussin est-il approprié ou contre-productif ?

 

Les crampes musculaires font partie du tableau clinique de nombreux parkinsoniens et peuvent concerner tous les (groupes de) muscles. De plus, les crampes douloureuses dans la région de la nuque et des épaules sont les plus fréquentes. Si les mesures prises (coussin derrière la nuque ou position allongée dans le lit) s’avèrent utiles et que les douleurs diminuent progressivement, rien n’empêche de les poursuivre. Si les crampes que vous décrivez ne durent pas plus de 30 minutes et que le coussin suffit à les soulager, je ne vois aucune objection à continuer ce traitement. Souvent, les crampes (dystonies) sont l’expression d’une concentration en dopamine limitée et il n’est pas rare qu’elles soient suivies d’une phase de mobilité excessive (dyskinésies).

 

Si tel est le cas pour votre patiente, une consultation chez le neurologue est recommandée afin de contrôler la médication et de l’optimiser. Pour ce faire, il est judicieux de remplir au préalable le « Journal Parkinson » (disponible gratuitement auprès de Parkinson Suisse). Grâce à ce compte-rendu de la mobilité tenu sur une à deux semaines, le neurologue verra à quels moments de la journée les symptômes sont plus ou moins marqués. Il pourra adapter la médication en conséquence. De telles crampes douloureuses peuvent souvent être combattues à l’aide d’antiparkinsoniens à action rapide. La prescription se fait par un neurologue. Aussi les applications de chaleur sont parfois efficaces. La physiothérapie peut être opportune. En revanche, les analgésiques traditionnels ne sont, la plupart du temps, d’aucune aide.

 

Si la durée des crampes augmente ou si elles se multiplient durant la journée, la consultation d’un neurologue est d’autant plus conseillée !

Elisabeth Ostler, Parkinson Nurse, juin 2020

Opérations

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Anesthésie et Parkinson

Je souffre du Parkinson. J’ai effectué deux séjours en institution et mon traitement médicamenteux est parfaitement optimisé. Jusqu’à récemment, je n’avais pas l’impression d’être malade. Je viens d’être opéré d’un anévrisme aortique. Depuis la phase de réveil, j’ai d’énormes difficultés à marcher, jamais je ne me suis senti aussi limité dans mes mouvements. Est-ce lié à l’opération ?

 

Il est possible que les médicaments utilisés dans le cadre de l’anesthésie, pour la sédation ou contre les nausées, aient provoqué une aggravation. L’éventuelle accentuation des symptômes parkinsoniens est généralement réversible. Le métoclopramide, les neuroleptiques (sauf clozapine et quétiapine), la réserpine et les antagonistes des récepteurs 5-HT3 de la sérotonine doivent être évités. Par ailleurs, il faut garder à l’esprit que les médicaments antiparkinsoniens doivent être pris continuellement, jusqu’au matin de l’intervention et immédiatement après l’opération. La dernière prise doit avoir lieu le matin de l’opération. Dès que le patient est autorisé à déglutir de nouveau après l’intervention, la prise habituelle doit être reprise sans plus tarder.

 

D’une manière générale, les opérations chirurgicales sont très pénibles pour les personnes atteintes de la maladie de Parkinson, qui ont besoin de davantage de temps pour se rétablir.

Prof. Dr méd. Ulrich Roelcke, décembre 2018

Quel est le risque d’une anesthésie générale ?

Mes premiers symptômes parkinsoniens sont apparus après une anesthésie générale. 16 ans plus tard, mon état s’est encore aggravé après une nouvelle opération sous anesthésie générale. Cette procédure peut-elle entraîner une aggravation remarquable et durable des symptômes parkinsoniens ?

 

Comme toute intervention chirurgicale, l’anesthésie générale est en soi une énorme contrainte pour l’organisme. Les symptômes des personnes atteintes de la maladie de Parkinson s’en trouvent souvent accentués. Toutefois, rien ne prouve qu’une anesthésie générale puisse entraîner des problèmes durables chez les parkinsoniens.

 

Avant, pendant et après l’anesthésie, il convient de s’assurer que les médicaments sont administrés avec le moins de changements possibles, que le patient est le premier sur la liste des opérations et qu’aucun médicament susceptible de modifier l’équilibre dopaminergique n’est utilisé. Les anesthésistes connaissent ce problème fondamental.

Dr méd. Georg Kägi, mars 2016

Psychologie

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Comportement compulsif de « punding »

Mon père est atteint de la maladie de Parkinson. Quel médicament lui recommandez-vous pour combattre la dépression et les problèmes de sommeil (insomnie) ? Il bricole jour et nuit, la plupart du temps il manipule des câbles électriques. J’ai lu que certains médicaments pouvaient entraîner précisément ce comportement. Que pouvons-nous faire ?

 

Parallèlement aux troubles moteurs, des troubles non moteurs tels que les troubles du sommeil ou les dépressions, mais aussi les troubles du comportement, peuvent accompagner la maladie de Parkinson. Parmi ces derniers, on compte ce que l’on appelle le « punding », un comportement stéréotypé complexe, répété, non dirigé vers un but et s’inscrivant dans la durée – le fait de monter et démonter des appareils électriques est un exemple.

 

Il est essentiel d’informer les neurologues traitants de ce trouble car il peut avoir des conséquences relationnelles et psychologiques. La stratégie thérapeutique consiste à alterner et à réduire les médicaments dopaminergiques dans la mesure où l’ampleur des troubles moteurs le permet.

 

Certains médicaments, en particulier des antidépresseurs comme les inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (ISRS), peuvent exercer une influence positive sur les comportements compulsifs, mais aussi sur le tonus musculaire et l’insomnie.

Dr méd. Claudio Städler, juillet 2018

Hallucinations et Parkinson

Une patiente de notre service de soins à domicile âgée de 81 ans a reçu le diagnostic de Parkinson en 2002. Elle souffre d’hallucinations quand elle prend Madopar LIQ 125 mg le matin. Elle voit des étrangers dans la pièce. S’agit-il d’un effet secondaire de Madopar LIQ ou est-ce l’action de Sinemet (pris six fois par jour) qui s’estompe ?

 

Près d’un parkinsonien sur cinq développe des hallucinations au cours de la maladie. La médication antiparkinsonienne, mais aussi les prédispositions individuelles comme l’âge avancé, les déficiences cognitives ou la longue durée du traitement, sont considérés comme des facteurs de risque pour le développement d’illusions. Les hallucinations ne sont pas plus fréquentes sous lévodopa que sous agonistes dopaminergiques. Dans le cas de cette patiente de 81 ans, elles ne sont pas la conséquence d’une perte d’action de Sinemet, mais plutôt de l’effet rapide de Madopar LIQ le matin. Une réduction de la lévodopa dans la matinée peut entraîner une rapide amélioration des hallucinations. Par ailleurs, d’autres facteurs favorisant ces apparitions doivent être contrôlés.

 

Dans mon cabinet, j’ai vu régulièrement des patients souffrant de déshydratation (en raison de quantités trop faibles de liquide absorbées), de légère fièvre (elle n’est jamais très élevée chez les personnes âgées) ou ayant subi des opérations, présenter des hallucinations, certes temporaires, mais semblant surgir du néant. En règle générale, les hallucinations n’apparaissent pas de manière soudaine et si elles sont décelées suffisamment tôt, il est possible de les éviter en adaptant les médicaments. Les parkinsoniens sujets aux cauchemars très agités pendant la nuit et à la confusion durant la phase d’endormissement ou de réveil développent souvent des hallucinations pendant la période d’éveil.

 

Tant que le stade précoce des hallucinations n’est pas passé et qu’il est encore possible d’adapter la médication à temps, le risque de chronicisation est moindre car les personnes concernées conservent une distance par rapport à leurs illusions et réalisent qu’elles ne correspondent pas à la réalité.

Dr méd. Thomas Loher, mars 2017

Le sommeil

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Matelas

J’ai 73 ans. Il y a six ans, j’ai appris que j’étais atteint du Parkinson. Je souffre de troubles du sommeil et des difficultés relativement communes rencontrées pour se retourner dans le lit. J’utilise un matelas Air-Lux et je dois le remplacer. Je viens de découvrir « Thevo », un matelas conçu pour les personnes souffrant de Parkinson. Recommandez-vous ce produit ? Existe-t-il des alternatives ?

 

Il n’y a pas de réponse universelle à votre question. D’une manière générale, on peut dire qu’un matelas mou améliore le confort de couchage mais limite la mobilité. Plus le matelas est dur, plus l’on gagne en mobilité – au détriment du confort. Le matelas Thevo a bonne presse, car il semble combiner ces deux besoins de façon optimale. Toutefois, je n’ai pas eu de retour concret de la part d’utilisateurs.

 

Il est également important de bien choisir son linge de lit. Moins il oppose de résistance, plus les mouvements sont facilités. En définitive, quel que soit le matelas pour lequel vous optez, rien ne vous empêche de demander un test pendant quelques semaines lors de la négociation d’achat. Si le matelas ne répond pas à vos besoins, essayez-en un autre jusqu’à ce que vous trouviez votre bonheur.

Elisabeth Ostler, Parkinson Nurse, septembre 2017

Mobilité nocturne réduite

Mon mari souffre de la maladie de Parkinson depuis six ans. Depuis quelques semaines, il a de plus en plus de difficultés à se retourner dans le lit. J’ai peu de force et cela me coûte un gros effort de le tourner de l’autre côté. En outre, me lever la nuit pour l’aider me fatigue beaucoup. Que nous conseillez-vous ?

 

Lorsque la mobilité est clairement moins bonne la nuit que la journée, il peut s’avérer judicieux de demander au neurologue d’ajuster le traitement médicamenteux. Parallèlement, votre mari doit travailler sa mobilité au lit dans le cadre de la physiothérapie. En outre, les cours de kinesthétique que Parkinson Suisse propose aux parkinsonien(ne)s et aux proches pourraient vous être utiles. Vous y apprendrez, avec votre mari, comment fournir à ce dernier l’aide requise pour se retourner sans forcer physiquement.

 

Nombre de parkinsonien(ne)s recommandent l’astuce du « drap glissant » : celui-ci est fait d’une matière très glissante qui, placée en deux couches sous le patient, facilite énormément la rotation dans le lit. Les couches de tissu glissent si bien l’une sur l’autre qu’il suffit de peu d’effort pour se retourner. Ainsi, les patients peuvent de nouveau se mouvoir au lit sans aide, ce qui décharge considérablement les proches.

Elisabeth Ostler, Parkinson Nurse, juin 2020

Troubles de la déglutition

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Hypersalivation

Parkinsonien de sexe masculin, je souffre d’hypersialorrhée. Initialement de consistance aqueuse, ma salive se transforme de plus en plus en gouttes solides désagréables à avaler. Que puis-je faire ?

 

Trois parkinsoniens sur quatre sont concernés par les problèmes salivaires. Au cours de l’évolution de la maladie, ils gagnent en importance dans le traitement médical. L’hypersialorrhée (sécrétion surabondante de salive) provient d’une accumulation accrue de la salive dans la cavité buccale consécutive à une moindre déglutition et non, comme on le supposait auparavant, à une augmentation de la sécrétion salivaire. La concentration de salive due à une moindre fréquence de la déglutition, le dessèchement de la salive en cas de respiration par la bouche et l’altération de la composition salivaire avec l’âge favorisent encore l’apparition d’un mucus épais dans la cavité buccale et sont à l’origine de problèmes de déglutition, d’une mauvaise haleine et d’une formation plus fréquente de caries. Malgré la sécheresse buccale et la viscosité de la salive, paradoxalement un écoulement incontrôlable peut faire son apparition et donner lieu à un sentiment de honte chez les parkinsoniens et leur entourage, ce qui peut aboutir à une situation d’isolement social.

 

Pour améliorer la salivation, il s’agit tout d’abord d’optimiser le traitement par lévodopa et agonistes dopaminergiques pour éviter dans la mesure du possible tout blocage moteur de la déglutition. Une injection locale de toxine botulique dans les glandes salivaires peut permettre un traitement ciblé. La durée d’action de ces traitements par injection à répétition est de trois à six mois. Parallèlement à la toxine botulique, les comprimés à effet anticholinergique (amitriptyline, biperidène) ou les gouttes d’atropine (déposées sous la langue) peuvent permettre de limiter la salivation. Une tisane au thym, à la camomille et à la sauge peut aussi s’avérer utile. D’une manière générale, les parkinsoniens doivent toujours avoir une boisson à portée de main et veiller à ce que leur apport en liquide soit suffisant. Il est aussi possible de mâcher des feuilles de sauge fraîche. Jaborandi est le remède homéopathique de premier choix.

 

Outre les approches thérapeutiques médicamenteuses, il convient de mentionner l’entraînement à la déglutition à l’aide d’un « réveil déglutition » : dans le cadre de séances quotidiennes d’une demi-heure, toutes les deux minutes un signal indique au parkinsonien qu’il doit déglutir consciemment. Il apprend ainsi une fréquence normale de déglutition en l’espace d’un à deux mois. Compte tenu du risque élevé de caries, je recommande à mes patients parkinsoniens de se brosser régulièrement les dents (à l’aide d’une brosse électrique si leur handicap moteur est important) et de faire des bains de bouche à l’aide d’eau dentaire désinfectante.

Dr méd. Thomas Loher, mars 2017

Etranglements répétés au cours des repas

Je suis infirmière et m’occupe d’un patient âgé atteint du Parkinson. Il s’étouffe souvent et c’est un gros problème. Nous veillons à ce qu’il soit bien assis, prenons le temps à table, accordons un temps de repos suffisant par la suite. Nous veillons à ce que les prothèses dentaires tiennent bien et à épaissir les boissons. Que pouvons-nous faire d’autre ?

 

Les troubles de la déglutition constituent un problème répandu au cours des stades avancés de la maladie ; il doivent être pris très au sérieux.  Tout d’abord, il convient de vérifier avec le neurologue traitant que la médication est optimale.

 

J’aimerais tout d’abord souligner que vous avez énoncé quasiment toutes les mesures sanitaires recommandées en cas de mauvaise déglutition. Ce que je ne vois pas dans votre liste est le fait d’éviter les aliments de consistance mixte comme le yaourt avec des fruits, la soupe non mixée, etc. Une alimentation homogène s’absorbe plus aisément. Il est également conseillé de manger au moment où les patients sont au mieux de leur mobilité.

 

Si un patient avale régulièrement de travers, je demanderais des conseils et un traitement à un logopédiste très au fait de la maladie de Parkinson. En outre, les proches devraient être instruits par l'expert sur les mesures à prendre pendant les repas. Certains préparatifs stimulants effectués avant les repas permettent d’améliorer la déglutition. Pour les pratiquer, il convient de consulter le médecin.

 

Il peut de plus être envisagé de recourir à une sonde alimentaire (de type GEP). Le patient pourrait ainsi continuer de se nourrir avec les aliments qu’il peut encore ingérer sans trop de risque d’étranglement, la sonde permettant l’ingestion complète des boissons et des comprimés. L’indispensable approvisionnement en denrées s’accomplirait sans danger et les repas ne seraient plus une corvée quotidienne, mais un plaisir.

 

Il est malheureusement incontesté que l’aspiration et ses conséquences (inflammation des poumons) sont la cause de mort la plus fréquente en cas de Parkinson. La situation propre à chaque patient doit tenir compte de ce fait et être débattue avec le patient lui-même et son médecin.

Elisabeth Ostler, Parkinson Nurse, juin 2020

Douleurs

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Douleurs

Après chaque prise de Madopar®, je ressens des douleurs et des crampes. Madopar® peut-il me nuire ? Et que puis-je faire pour lutter contre mes douleurs ?

 

Les douleurs chroniques sont fréquentes en cas de Parkinson. Elles peuvent avoir différentes causes. Le traitement dépend de leur origine. La douleur peut constituer l’un des symptômes non moteurs de la maladie de Parkinson. Notre compréhension des mécanismes d’apparition des douleurs parkinsoniennes et de l’influence de la dopamine sur l’assimilation de la douleur dans le cerveau est lacunaire. La recherche se poursuit.

 

La raideur musculaire (rigidité), mais aussi le ralentissement moteur et l’immobilité peuvent provoquer des douleurs. Quand elles répondent bien au traitement, celles qui sont localisées dans les épaules et les bras peuvent être des signes précoces de la maladie. Les fluctuations motrices caractéristiques de la phase avancée du Parkinson peuvent s’accompagner de douleurs variables. Durant les phases « off », une dystonie (contraction musculaire involontaire soutenue) peut être douloureuse – par exemple la dystonie matinale du pied et / ou de l’hallux qui précède la prise de médicaments. Ces dystonies douloureuses peuvent aussi se produire durant la journée, quand l’efficacité des médicaments s’amenuise. Les dyskinésies – mouvements anormaux involontaires accompagnant une efficacité médicamenteuse (excessive) – peuvent aussi s’accompagner de douleurs.

 

Sans oublier les dorsalgies et les douleurs articulaires dues à un défaut postural, ou encore les symptômes non moteurs comme la constipation qui provoquent des douleurs abdominales. La douleur peut aussi avoir une tout autre cause, par exemple musculaire, ligamentaire ou neuropathique dans le cadre d’une neuropathie périphérique (polyneuropathie). Un examen de suivi clarifiant son origine peut s’avérer utile. Des circonstances comme la dépression, l’anxiété, les troubles du sommeil et la fatigue peuvent l’aggraver. Vous demandez si Madopar® peut vous nuire : rien n’indique que la dopamine puisse avoir des effets nocifs (toxiques). Au contraire, grâce aux progrès cliniques, l’espérance de vie est nettement plus élevée qu’à l’époque pré-dopamine.

 

Contre les douleurs parkinsoniennes, il est généralement recommandé d’optimiser le traitement antiparkinsonien en intégrant des options thérapeutiques avancées, des traitements antalgiques conventionnels et une consultation de la douleur. La physiothérapie (exercices pour le dos) et les thérapies rhumatismales (application de chaud et de froid, massages, cures balnéaires) comptent parmi les approches thérapeutiques non médicamenteuses qui ont fait leurs preuves. D’autres mesures telles que l’activité physique, la méditation, la pleine conscience ou l’acupuncture sont également bénéfiques.

Dr méd. David Benninger, mars 2020

Des analgésiques contre les douleurs

Je souffre de la maladie de Parkinson. Puis-je prendre des analgésiques contre mes douleurs ? J’ai entendu dire que les antidouleurs réduisaient les effets des médicaments antiparkinsoniens.

 

Le problème des douleurs dans le contexte d’une maladie de Parkinson est complexe. En principe, un syndrome parkinsonien ne fait pas mal. Cependant, il peut parfois s’accompagner de douleurs sous la forme de crampes musculaires, d’une dystonie des orteils typiquement au petit matin, d’un syndrome des jambes sans repos ou de cervicalgies liées aux dyskinésies. De manière intéressante, l’intensité des douleurs est souvent modulée par la prise des médicaments à base de lévodopa, créant typiquement des douleurs sévères en phase « off » qui s’atténuent voire disparaissent complètement en phase « on ».

 

Une stabilisation de la maladie par médicaments, par pompes ou par stimulation cérébrale profonde permet souvent de traiter ces douleurs très efficacement. Pour finir, je vous confirme que certains antalgiques peuvent avoir un effet délétère sur le syndrome parkinsonien de la MP. C’est particulièrement vrai pour les opiacés, ces derniers étant par ailleurs formellement contre-indiqués en association avec des inhibiteurs de la MAO-B (p. ex. Azilect) ou avec des anticholinergiques (p. ex. Akineton ou Kemadrin. Au-delà de ces restrictions, les antalgiques conventionels (paracétamol, AINS, etc.) ne posent aucun problème en cas de MP.

Prof. Dr méd. Pierre Burkhard, juillet 2016

Qu’est-ce qui agite moncorps ?

Il y a quinze ans, j’ai appris que j’étais atteint du Parkinson. Depuis quelques mois, j’ai souvent des « bourdonnements et des fourmillements » dans les bras et les jambes, parfois aussi dans le reste du corps, dès que je m’assois ou m’allonge. C’est insupportable. Je ne peux plus me reposer ! Qu’est-ce qui se passe dans mon corps ? Qu’est-ce qui vient troubler le calme si nécessaire ? Cela m’intéresse au plus haut point pour des raisons évidentes et j’espère une explication, voire un conseil pour me soulager.

 

Les troubles de la sensibilité, les douleurs ou les sensations désagréables ne sont pas rares en cas de Parkinson. Leurs causes peuvent être multiples. Par exemple une variation de l’action médicamenteuse ou un syndrome des jambes sans repos (Restless-legs-Syndrom). Dans cette situation, j’ai besoin de savoir si les troubles font leur apparition au moment de la prise des médicaments antiparkinsoniens ou p. ex. le soir.

 

Les « bourdonnements et fourmillements » peuvent être l’expression d’une médication antiparkinsonienne trop faible (phénomène « off ») ou trop forte. Un agenda récapitulant les symptômes qui surgissent et à quel moment par rapport à la prise de médicaments serait très utile pour prendre une décision sur d’autres mesures thérapeutique.

Dr méd. Georg Kägi, mars 2016

Faculté visuelle

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Problèmes oculaires

Âgé de 62 ans, je souffre du Parkinson depuis dix ans. Depuis quelque temps, j’ai l’impression que mes larmes sont « asséchées » et que mes yeux gonflent. D’où cela peut-il venir ?

 

La sécheresse oculaire peut avoir plusieurs origines. Le Parkinson est souvent associé à une production lacrymale réduite. Elle peut être traitée efficacement à l’aide de collyres, qui jouent le rôle de « fluide de substitution ». L’activité palpébrale limitée, également caractéristique de la maladie, peut aussi l’expliquer. Le liquide lacrymal n’est plus réparti régulièrement à l’instar d’un film sur la cornée et la conjonctive (fonction d’essuie-glace des paupières).

 

Cependant, d’autres pathologies oculaires indépendantes du Parkinson peuvent entraîner une sécheresse oculaire, comme les conjonctivites (les  « yeux gonflés » que vous décrivez évoquent une telle cause). Vous devriez consulter un ophtalmologiste pour qu’il réalise un examen approfondi.

Prof. Dr méd. Mathias Sturzenegger (archives de Parkinson Suisse)

Glaucome

Je souffre d’un glaucome. Est-ce que cela peut avoir un rapport avec les médicaments antiparkinsoniens?

 

Il est possible qu’il existe un lien entre les médicaments antiparkinsoniens et un glaucome. Il y a différentes formes de glaucomes, et il existe de nombreux médicaments antiparkinsoniens. Les patients qui souffrent d’un glaucome à angle fermé ne doivent pas prendre d’anticholinergiques (p.ex Akineton). Par contre, le Madopar et le Sinemet peuvent être potentiellement dangereux pour les patients souffrant d’un glaucome à angle ouvert.

 

Il va de soi que ces médicaments ne sont pas la cause du glaucome, mais qu’ils peuvent être un facteur aggravant. Dans ces cas-là, il est nécessaire de consulter le neurologue et l’ophtalmologue pour décider de la poursuite ou non du traitement antiparkinsonien.

Prof. Dr méd. Hans-Peter Ludin (archives de Parkinson Suisse)

Symptômes particuliers

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Risque d'ostéoporose

Mon conjoint (63 ans) souffre du Parkinson depuis douze ans et sa médication est bien ajustée. Depuis quelque temps, il a rapetissé et il souffre de maux de dos. Un examen radiologique a révélé des fractures de plusieurs vertèbres thoraciques. Il a certes fait quelques chutes, mais nous nous demandons si ses médicaments antiparkinsoniens (Madopar, Requip-Modutab, Azilect, Comtan) pourraient être à l’origine d’une ostéoporose ? Il va subir une ostéodensitométrie prochainement. Aucun risque particulièrement élevé d’ostéoporose n’a été mentionné parmi les effets secondaires d’un traitement antiparkinsonien, que ce soit par les médicamentsque vous citez ou avec d’autres.

 

Cette hypothèse n’a fait l’objet d’aucun examen systématique. Il est cependant très probable que le risque d’ostéoporose soit plus élevé chez les parkinsoniens et puisse, le cas échéant, avoir des répercussions particulièrement dangereuses en cas de chute. Ainsi, de simples rêves peuvent  provoquer des fractures osseuses. Le risque accru d’ostéoporose est en partie imputable à l’activité limitée des parkinsoniens, laquelle induit une perte de substance osseuse.

 

Par ailleurs, les personnes âgées qui ne passent pas beaucoup de temps au soleil souffrent d’une carence en vitamine D. Formée au niveau de la peau sous l’influence des rayons du soleil, cette vitamine favorise la fixation du calcium dans les os et ainsi, la solidité des os. Une carence favorise la survenue de l’ostéoporose. La prise de vitamine D s’avère donc pertinente chez de nombreuses personnes âgées. Il est possible que d’autres vitamines jouent un rôle dans le métabolisme osseux. Si une ostéoporose a déjà été diagnostiquée, un traitement systématique à l’aide des médicaments autorisés complété par de la vitamine D est en tous les cas judicieux. En présence d’un risque de chute, une physiothérapie correspondante est  recommandée à titre prophylactique.

Dr méd. Matthias Oechsner (archives de Parkinson Suisse)

Pression intracrânienne

Je ressens constamment une vive pression dans la tête et derrière les yeux. J’ai l’impression d’avoir en permanence la gueule de bois. On m’a dit que c’était normal en cas de Parkinson atypique. Est-ce vrai ?

 

Je ne répondrais pas systématiquement par l’affirmative. La pression dans la tête ou derrière les yeux ne fait pas à proprement parler partie des symptômes types du syndrome parkinsonien, idiopathique ou atypique. Spontanément, j’imputerais ces manifestations à une augmentation de la pression intraoculaire, à une inflammation chronique des sinus, à une augmentation de la tension artérielle ou à un processus expansif dans le crâne.

 

Si toutes ces pathologies sont exclues, la pression dans la tête et les vertiges peuvent aussi être des symptômes de trouble dépressif. En d’autres termes, l’organisme développe des symptômes à cause d’un déséquilibre psychologique, par exemple consécutif à une assimilation insatisfaisante de la maladie. En tous les cas, parlez-en à votre neurologue et demandez-lui si toutes les causes possibles de ces symptômes ont été envisagées et dans l’affirmative, s’il serait possible de tester un traitement antidépresseur.

Dr méd. Matthias Oechsner, septembre 2016

Le syndrome de la Tour de Pise (camptocormie)

Les médecins ont découvert une camptocormie chez ma mère (77 ans), parce qu’elle inclinait de plus en plus le tronc. Ils disent qu’on ne peut rien y faire. Est-ce une conséquence de la maladie de Parkinson ?

 

Le syndrome de la Tour de Pise ou camptocormie n’est pas un diagnostic mais une description (imagée !) d’une anomalie de la posture qui se manifeste par une flexion tonique latérale ou antérieure du tronc. Dans de nombreux cas, cette anomalie de la posture s’aggrave quand le sujet marche et rend même cette activité difficile.  On n’en connait pas véritablement les causes. Les études cliniques permettent néanmoins d’évoquer deux facteurs principaux: D’une part les maladies cérébro-organiques, notamment celles que l’on appelle maladies neurodégénératives (Parkinson, Alzheimer et autres). De l’autre, on soupçonne certains médicaments, en particulier les neuroleptiques ou autres psychotropes. D’autres facteurs de risques pour cette anomalie de la posture sont le sexe féminin et un âge avancé. La combinaison de plusieurs facteurs (par exemple le diagnostic de Parkinson associé à la prise de médicament et un âge avancé) est bien entendu particulièrement risquée.

 

Le traitement de ce syndrome est vraiment très difficile et il n’existe aucune mesure efficace à 100%. Si les médicaments jouent un rôle, on peut essayer d’en réduire le dosage. Les médicaments, par exemple les anticholinergiques, sont également envisagés comme traitement.  Cependant, ceux-ci présentent souvent de graves effets secondaires chez les personnes âgées.

 

Pour répondre à votre question : La camptocormie peut être une conséquence de la maladie de Parkinson mais ne l’est pas nécessairement. En effet, comme nous l’avons évoqué, il existe des causes différentes ou supplémentaires.

Prof. Dr méd. Mathias Sturzenegger (archives de Parkinson Suisse)

Symptômes de Shy-Drager

Mon père (68 ans) s’est rendu chez le neurologue à la suite de nombreuses chutes. Ce médecin déclare qu’il souffre d’un « syndrome parkinsonien atypique accompagné de symptômes de Shy-Drager ». En quoi ce diagnostic diffère-t-il du Parkinson « normal » ?

 

Avec l’âge, les chutes sont fréquentes et ont différentes origines. Elles constituent un symptôme du syndrome parkinsonien au sens large. Nous distinguons trois types de syndromes parkinsoniens :

  1. Le syndrome idiopathique, qualifié de Morbus Parkinson.
  2. Le syndrome symptomatique, provoqué notamment par certaines intoxications ou par des médicaments.
  3. Le syndrome parkinsonien atypique ou « neurodégénératif ».

 

Ce dernier comprend différents tableaux cliniques, qui affectent tous les neurones dopaminergiques, d’où la présence de symptômes «de type Parkinson ». Toutefois, d’autres symptômes s’y ajoutent ! Par exemple, les fortes oscillations de tension artérielle, accompagnées d’une chute de tension prononcée en station debout, qui peuvent entraîner des chutes. Ces troubles du système nerveux végétatif caractérisent, entre autres, le syndrome de Shy Drager (également qualifié d’ASM, atrophie multi-systématisée).

 

Il est souvent délicat de déterminer la nature des chutes, mais cette étape est essentielle en matière de prévention thérapeutique. Si le diagnostic de syndrome parkinsonien atypique est avéré, le traitement est souvent beaucoup plus difficile et moins efficace qu’en cas de syndrome parkinsonien idiopathique « normal ». Le pronostic est également moins favorable.

Prof. Dr méd. Mathias Sturzenegger (archives de Parkinson Suisse)

Troubles de la parole

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Trouble du langage

J’ai 58 ans et je vis depuis sept ans avec le Parkinson. Je vais bien, je suis actif et je cultive mon réseau d’amis. L’un de mes collègues m’affirme que dernièrement, je parle indistinctement. J’ai remarqué que de nombreuses personnes me demandent de répéter lorsqu’elles discutent avec moi. Ce problème est-il lié au Parkinson, et que pourrais-je faire pour y remédier ?

 

Oui, ce trouble du langage est selon toute vraisemblance un symptôme de votre maladie. Il est fréquent et, selon les cas, apparaît à différents moments de l’évolution de la maladie : en tant que premier symptôme, ou seulement des années après le début de la maladie. Ses caractéristiques sont variables : la voix peut être basse, enrouée, inintelligible, terne, sourde et peu modulée. Malheureusement, ces troubles du langage ne réagissent pas très bien aux médicaments contre le Parkinson (Levodopa ou agonistes de la dopamine).

 

Différents traitements physiques ou séances d’entraînement issus de l’orthophonie ont permis une amélioration durable de la parole et de son intelligibilité (par ex. la méthode dite de Lee-Silverman). Votre médecin traitant doit vous prendre un rendez-vous chez un orthophoniste. Ce dernier peut vous montrer des exercices. Vous pouvez les réaliser régulièrement chez vous et ainsi améliorer l’intelligibilité de votre voix.

Prof. Dr méd. Mathias Sturzenegger (archives de Parkinson Suisse)

Sa voix devient de plus en plus indistincte

Ma femme, qui souffre de la maladie de Parkinson, parle à voix si basse et indistincte ces derniers temps que je ne parviens plus guère la comprendre. Lorsque je la prie de répéter, elle réagit souvent avec agacement. Cette situation nous pèse autant à l’un qu’à l’autre, car nous étions habitués à avoir de longues conversations.

 

Au fil de l’évolution de la maladie, la voix peut s’altérer. Souvent, elle devient plus ténue et indistincte. Beaucoup de patients ne remarquent par ce changement. Il est donc important que vous ayez tous deux conscience que cette altération de la voix est causée par la maladie. Il est possible d’améliorer l’audibilité en travaillant de manière ciblée sur le volume de la voix, idéalement avec un/une orthophoniste.

 

Voici également quelques conseils : soyez patient – laissez toujours à votre femme le temps de répondre tranquillement aux questions ! Pensez également à éteindre les sources de bruit gênantes (par ex. radio ou télé) lors de vos conversations. Avec douceur, invitez votre épouse à répéter lorsque vous ne comprenez pas. Au quotidien, exercez-vous régulièrement, ensemble, à parler plus fort. Par exemple, essayez de vous placer chacun dans une pièce différente et de vous crier quelque chose. Le téléphone est également un bon exercice. Par ailleurs, le chant permet d’améliorer le volume et de rendre la voix plus vivante.

 

Il serait bon que le neurologue de votre femme lui recommande un/une logopède pratiquant le Lee Silvermann Voice Treatment. Cette méthode a été mise au point par deux orthophonistes pour la patiente parkinsonienne Lee Silvermann, parce que la famille de cette dernière rencontrait les mêmes problèmes que vous. Enfin, vous pouvez commander dans notre Shop le CD « Exercices de logopédie pour les parkinsoniens ». S’exercer régulièrement avec ce CD aide à rendre la voix plus audible et plus distincte.

Elisabeth Ostler, Parkinson Nurse, juin 2016

Les chutes

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Le rôle de Rivotril® dans la survenance de chutes

Je suis un homme de 73 ans. Je souffre de la maladie Parkinson depuis 14 ans. Ces derniers temps, je chute souvent. Est-ce que cela peut être dû à la prise de Rivotril® à forte dose ?

 

C’est une question délicate. 14 ans après le diagnostic de Parkinson, les chutes ne sont malheureusement pas extraordinaires. Ceci étant dit, deux questions essentielles permettent de préciser leur nature.

1. À quel moment les chutes se produisent-elles ? Pendant les phases « on » (c’est-à-dire quand les médicaments sont efficaces) ou pendant les phases « off » ?

2. Les chutes accompagnent-elles un freezing (blocage pendant la marche) ou une festination (accélération involontaire de la marche) ? Sont-elles indépendantes de ces phénomènes ?

Si les chutes apparaissent indépendamment des freezings et de la festination durant les phases « on », c’est probablement le contrôle postural qui est perturbé. En d’autres termes, les réflexes automatiques qui nous empêchent de tomber en temps normal ne sont plus suffisamment précis et rapides. Dans une telle situation, le traitement est très difficile et l’accent est mis sur la prévention des chutes grâce à la physiothérapie et aux moyens auxiliaires. En revanche, si les chutes se produisent durant les phases « off » ou en même temps que des épisodes de freezing, l’ajustement du traitement peut permettre certaines améliorations.


Je présume que vous prenez Rivotril® le soir, pour lutter contre un type de trouble du sommeil spécifique (le trouble du comportement du sommeil paradoxal). La très faible dose généralement requise pour cette indication ne devrait pas avoir une influence déterminante sur le risque de chute. Toutefois, dans votre cas la simultanéité entre le début du traitement par Rivotril® et les chutes revêt une grande importance. Si vous chutez davantage depuis que vous prenez Rivotril® ou depuis que la posologie a été augmentée, il se peut que ce médicament soit l’un des facteurs de risque. La règle « autant que nécessaire, aussi peu que possible » s’applique. Si vous ne prenez pas Rivotril® en raison d’un trouble du comportement du sommeil paradoxal, une tentative d’interruption du traitement pourrait s’avérer judicieuse.

Dr méd. Georg Kägi, julliet 2020

Prévention des chutes

L’« entraînement aux chutes » est-il utile en cas de Parkinson ? Auprès de qui peut-on le pratiquer ?

 

Oui, l’« entraînement aux chutes » est utile pour les parkinsonien(ne)s. Au fur et à mesure de la progression de la maladie, les réflexes dits « posturaux » peuvent diminuer. Ce sont eux qui permettent aux personnes en bonne santé de ne pas trébucher en cas de mouvement rapide du tronc ou en marche arrière. Pour tester ces réflexes, le spécialiste demande au patient de se tenir debout, les jambes écartées à largeur de hanches. Placé derrière lui, il exerce ensuite une traction vers l’arrière sur les deux épaules.

 

Si le patient garde l’équilibre ou se rattrape en effectuant deux à trois pas à reculons, le réflexe est intact. S’il doit effectuer davantage de pas et si son tronc a tendance à être incliné vers l’arrière, le réflexe est affaibli, voire compromis. Dans cette situation, l’entraînement de l’équilibre a fait ses preuves. Réalisé sous la conduite d’un physiothérapeute, il a pour but de pratiquer les pas de compensation afin d’empêcher les chutes.

Prof. Dr méd. Ulrich Roelcke, décembre 2018

Risque de chute

Je vis avec la maladie de Parkinson depuis environ un an et je présente un risque élevé de chutes. J’en ai déjà subi quatre assez graves à mon domicile. Que puis-je faire ?

 

C’est une bonne chose de vouloir faire quelque chose pour lutter contre vos chutes fréquentes. D’une part, il convient d’avertir votre neurologue et éventuellement de reconsidérer votre médication. Pour autant, on sait qu’en cas de Parkinson, les chutes ne peuvent pas toujours être évitées à l’aide d’un traitement médicamenteux.

 

D’autre part, une physiothérapie ciblée doit vous être prescrite. Le thérapeute réalisera une analyse des chutes et élaborera avec vous les mesures physiothérapeutiques dont vous avez besoin au quotidien. La maladie de Parkinson s’accompagne par exemple de la perte des automatismes. Apprendre à bouger « consciemment » ses jambes peut aider à éviter les chutes (cf. la brochure gratuite «Astuces efficaces en cas de freezing»).

 

De plus, vous avez la possibilité de faire contrôler votre logement pour identifier et éliminer les obstacles potentiels. Il est ainsi judicieux d’éviter les tapis et recommandé d’installer des poignées dans la salle de bain. Parkinson Suisse soutient le projet de prévention des chutes de la Ligue suisse contre le rhumatisme et CSS Assurance, « La sécurité au quotidien ».

Elisabeth Ostler, infirmière Parkinson, septembre 2017

Sujets tabous

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Troubles du contrôle des impulsions

Dans le magazine 131 (p. 13), un article a été consacré aux effets secondaires de la prise d’agonistes dopaminergiques. L’étude citée confirme la doctrine classique, que l’on retrouve aussi dans la liste d’effets secondaires figurant sur les notices des divers fabricants. Des termes comme « dépendance » et « compulsion » sont employés à foison, mais avec bien peu de nuances. Ne pourrait-on pas mentionner les effets secondaires de manière plus positive ? Du point de vue des personnes concernées, ils ne sont pas exclusivement négatifs, si ?

 

L’addiction au jeu et la frénésie de consommation peuvent avoir des conséquences financières fâcheuses. Il n’est pas rare que les personnes concernées s’endettent et que leurs cartes de crédit doivent être bloquées. L’augmentation de la libido peut perturber l’équilibre d’un couple. Par crainte des stigmates associés, ces effets indésirables des agonistes dopaminergiques ne sont souvent pas signalés spontanément. Lors des consultations, les médecins doivent s’en enquérir activement. Ceci étant dit, l’argument selon lequel ces effets secondaires psychologiques peuvent aussi s’avérer positifs est légitime.

 

Lorsque les personnes concernées n’ont le goût à rien et souffrent d’apathie, l’effet stimulant des agonistes dopaminergiques est le bienvenu pour accroître l’esprit d’initiative et redonner du dynamisme. C’est particulièrement important pour les proches, souvent rudement éprouvé(e)s par l’inertie et la lassitude des parkinsonien(ne)s, que pour les personnes concernées elles-mêmes. L’augmentation du désir sexuel peut avoir des répercussions positives sur un couple. Par ailleurs, la stimulation de l’appétit chez les patient(e)s de faible poids corporel est souhaitable. Enfin, l’effet antidépresseur des agonistes dopaminergiques est exploité pour améliorer l’humeur de façon ciblée.

Prof. Dr méd. Stephan Bohlhalter, juillet 2019

Sexualité et Parkinson

Ma question porte sur la maladie de Parkinson et la sexualité. Est-il possible que Madopar® à forte dose puisse me rendre quasiment impuissant ? Je prends Madopar DR 250 mg cinq fois par jour (1250 mg) et un comprimé de Requip 8 mg le matin.

De nombreuses personnes atteintes de la maladie de Parkinson sont sujettes à des troubles sexuels, ce qui peut entraîner une détérioration supplémentaire de leur qualité de vie. Les troubles érectiles peuvent accompagner les processus neurodégénératifs du système nerveux (végétatif) ou des maladies concomitantes, mais aussi résulter de la prise de certains médicaments comme les antihypertenseurs ou les antidépresseurs.

Madopar et Requip n’en font pas partie. Au contraire, ils ont un effet plutôt positif sur les troubles de la fonction sexuelle, notamment si l’on entend par là une perte de la libido. Certains médicaments peuvent atténuer ce problème. Il est essentiel d’en parler ouvertement avec votre neurologue et votre médecin traitant.

Dr méd. Claudio Städler, juillet 2018


La passion du jeu

On dit que les médicaments contre le Parkinson favorisent la passion du jeu. Je souffre du Parkinson depuis huit ans et je ne suis certes pas de nature joueuse, mais je joue au loto et j’ai déjà perdu de l’argent au casino. Est-ce que je risque aujourd’hui la ruine ?

La dopamine est un important neurotransmetteur. Cette hormone est responsable du contrôle de nos mouvements. Elle est formée dans les cellules du locus niger et assume d’importantes fonctions dans différents circuits de régulation. Lorsque ces cellules ne fonctionnent plus correctement, les symptômes du trouble de la mobilité du Parkinson apparaissent.

Toutefois, la dopamine joue également d’autres rôles importants dans le contrôle des émotions et d’autres domaines du comportement humain ; elle transmet par exemple le sentiment de bien-être procuré par une récompense. Elle semble également jouer un rôle dans le comportement addictif. Il est donc important de comprendre que la dopamine prise contre le Parkinson peut éventuellement encourager un certain comportement addictif préexistant.

Toutefois : 

  1. La Levodopa et lesdits agonistes de la dopamine restent les médicaments les plus efficaces contre le Parkinson.
  2. Contrairement aux sujets sains, les Parkinsoniens présentent une carence en cette hormone.
  3. Ce risque n’est présent que lorsque de tels troubles du comportement préexistent.
  4. Les médicaments dopaminergiques tels que ceux utilisés contre le Parkinson provoquent très rarement un tel effet secondaire.  

Prof. Dr méd. Mathias Sturzenegger (archives de Parkinson Suisse)

La stimulation cérébrale profonde

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Prise de poids après une SCP ?

J’ai entendu dire qu’après une SCP, il est courant de prendre du poids, notamment chez les femmes. Est-ce vrai ? Dans l’affirmative, comment cela se fait-il ? Que faire pour l’empêcher ?

 

Après un traitement par SCP, la prise de poids est effectivement fréquente. Les causes font l’objet de controverses. D’une part, la nette amélioration des mouvements excessifs (dyskinésies) et de la raideur musculaire (rigidité) entraîne une baisse des calories brûlées. D’autre part, il est question de mécanismes qui pourraient avoir un lien direct sur l’équilibre énergétique, mais rien n’est sûr et ils n’ont probablement qu’une importance limitée.

 

La prise de poids se produisant surtout après une stimulation sous-thalamique, un changement de comportement alimentaire est une explication plausible. Ce type de stimulation entraîne souvent un accroissement de l’impulsivité – généralement modéré. Les patients sont plus spontanés, plus extravertis, plus impétueux, ce qui peut être souhaitable. L’autorégulation de l’alimentation devient toutefois moins efficace. À cela s’ajoute l’action de certains médicaments antiparkinsoniens, les agonistes dopaminergiques, qui accroît considérablement l’envie de nourriture (notamment de sucreries) et la tendance au grignotage (nocturne).

 

La combinaison d’un appétit accru et d’un contrôle des impulsions réduit est sans aucun doute le facteur qui influence le plus la prise de poids après une SCP sous-thalamique. Pour y remédier, il convient 1. d’optimiser le réglage de la stimulation, 2. de baisser la dose d’agonistes dopaminergiques et surtout : 3. de suivre un régime. Si le bilan calorique n’est pas positif, il n’y a pas de prise de poids. En d’autres termes, un régime – si difficile soit-il – est toujours couronné de succès à long terme.

Dr méd. Michael Schüpbach, décembre 2017

La stimulation cérébrale profonde

Âgé de 51 ans, je souffre depuis 5 ans du Parkinson et je m'intéresse à la stimulation cérébrale profonde. Comment procéder pour que mon cas soit examiné
correctement ?

 

Tout d’abord, je souhaite souligner que la SCP, comme toutes les autres formes thérapeutiques (médicamenteuses) n’est qu’une forme de traitement symptomatique en cas de Parkinson. Elle ne peut rien changer ni à l’origine, ni à l’évolution ultérieure de la maladie. Les perspectives de succès dépendent de la pertinence de l’indication, c’est-à-dire du bon choix du patient. En effet, la SCP ne peut influencer favorablement tous les symptômes. Certains sont même aggravés.

 

En outre, il existe quelques contre-indications évidentes. Une bonne réponse aux préparations à base de lévodopa (Madopar, Sinémet) est l’une des conditions essentielles. La SCP peut être orientée différemment selon la constellation symptomatique (choix de la cible). La plupart du temps, la prise de médicaments doit être poursuivie après la SCP. En d'autres termes : tous les parkinsoniens ne sont pas de « bons » candidats pour une SCP.

 

Pour en savoir plus, vous devriez parler de ce traitement et des chances d'amélioration avec un neurologue. Si son analyse révèle des indications pour une SCP, vous devrez vous adresser à un centre qui pratique de telles interventions et y demander une nouvelle fois des conseils minutieux.

Prof. Dr méd. Mathias Sturzenegger (archives de Parkinson Suisse)

Tremblement

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Tremblements

Les tremblements sont l’un des premiers symptômes visibles de la maladie de Parkinson. La dopamine intervient dans la régulation des fonctions motrices – or on observe justement une carence en ce neurotransmetteur. Dans ce cas, pourquoi les personnes dont le taux de dopamine est faible tremblent-elles ?

 

On ignore encore quelles sont les causes exactes de l’apparition des tremblements dans le cadre de la maladie de Parkinson. Elle fait toujours l’objet de recherches. Le Parkinson est une maladie évolutive qui s’accompagne d’une perte constante de neurones dopaminergiques. La dopamine est un neurotransmetteur utilisé par les cellules nerveuses du cerveau pour contrôler le plus précisément possible chaque séquence de mouvement à l’aide des différents circuits cérébraux (les ganglions de la base). La dégradation de la dopamine provoque un déséquilibre des neurotransmetteurs dans le cerveau.

 

La prépondérance d’autres neurotransmetteurs (notamment l’acétylcholine et le glutamate) entraîne une suractivation des circuits qui sont habituellement modulés par la dopamine. C’est la raison pour laquelle les tremblements augmentent au cours de la progression de la maladie.

Dre méd. Ines Debove, décembre 2019

Plus de tremblements sans l'Akineton

Récemment, mon médecin a arrêté de me prescrire le médicament Akineton. Depuis, mon état s’est aggravé, je tremble beaucoup plus et je salive énormément. Dois-je m’en accommoder ?

 

En effet, l’Akineton agit bien sur les tremblements et sur la salivation excessive des malades de Parkinson. En fait, ces deux symptômes sont les seules raisons justifiant l’utilisation aujourd’hui encore de ce médicament dans le traitement de la maladie de Parkinson. En effet, chez les personnes âgées notamment, l’Akineton peut avoir des effets secondaires indésirables et même dangereux, tels confusion mentale, hallucinations, fatigue, vertiges, chutes, fuites urinaires, douleurs intestinales, constipation, troubles de la vision, sécheresse buccale, etc.

 

Il faudrait savoir ce qui a poussé votre médecin à arrêter le traitement par Akineton. Peut-être que des doses faibles ou réduites d’Akineton auraient une influence positive sur vos douleurs. En outre, il existe d’autres mesures pour réduire les tremblements ou freiner une salivation excessive. Discutez de ces problèmes avec votre médecin.

Prof. Dr méd. Mathias Sturzenegger (archives de Parkinson Suisse)

Tremblement lors de l'exécution de mouvements fins

Mon père a 79 ans. Il tremble quand il doit effectuer une tâche minutieuse mais pas au repos. Est-ce un tremblement typique de Parkinson ? Mon père a donc la maladie de Parkinson ?

 

Le tremblement typique de la maladie de Parkinson, au début de la maladie justement, est un tremblement de repos. Cela signifie qu’il survient lorsque les muscles sont détendus, par exemple quand le patient est sur le canapé devant la télévision. Généralement, le tremblement propre à la maladie de Parkinson affecte les mains en premier, et de façon asymétrique, c’est-à-dire seulement une main (du moins au début de la maladie).

 

Il est impressionnant de constater comme le tremblement typique de Parkinson, même fortement présent, disparaît dès que le malade effectue un mouvement. Par exemple, lorsque ce dernier saisit un verre et le porte à sa bouche avec assurance et sans renverser une goutte. Les patients rapportent également que ce tremblement ne les handicape pas lorsqu’ils effectuent des travaux manuels compliqués, au début tout du moins. Le tremblement n’est en effet pas le symptôme principal de la maladie de Parkinson et ne se retrouve pas chez tous les patients.

 

Je pense donc qu’il est peu probable que votre père souffre de la maladie de Parkinson. Toutefois, un examen neurologique poussé s’avère nécessaire pour exclure définitivement le diagnostic et déterminer la cause du tremblement.

Prof. Dr méd. Mathias Sturzenegger (archives de Parkinson Suisse)

Hérédité

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Contrôle d'hérédité

Quels sont les examens génétiques qui permettent de contrôler la transmissibilité du Parkinson ? Je suis parkinsonienne et je souhaite savoir si mes enfants peuvent contracter eux aussi la maladie.

 

Seules quelques altérations du patrimoine génétique héréditaires sont connues. Il semble qu’une analyse génétique ne s’avère judicieuse qu’en cas de début précoce de la maladie (avant 45 ans) ou de prédisposition familiale. Après une séance de consultation avec un généticien, qui aborde également les répercussions d’unrésultat positif sur les autres membres de la famille (ici, vos enfants), notamment s’ils sont adultes et souhaitent eux-mêmes procréer, c’est à vous de décider si vous souhaitez procéder à des tests génétiques.

 

La contribution de la génétique à la compréhension du Parkinson est significative. Les réponses fournies par cette analyse génétique peuvent vous sembler limitées en tant que parkinsonienne, mais gardez à l’esprit que la recherche dans ce domaine dépend grandement de la disponibilité des personnes concernées et de leur famille.

Dr méd. David Benninger, décembre 2016

Le Parkinson est-il héréditaire ?

On a diagnostiqué le Parkinson à ma belle-mère quand elle avait 56 ans. L’un de ses frères souffrait aussi de la maladie. Mon époux vit avec le Parkinson depuis qu’il a 44 ans. Nos deux fils s’inquiètent. Quelle est la probabilité qu’ils le contractent un jour ?

 

Dans la génétique du Parkinson, on trouve des transformations qui ne constituent qu’un facteur de risque de contracter la maladie, et d’autres qui se comportentcomme une maladie héréditaire. Lorsque la maladie se déclare avant 40 ans, il est possible mais peu probable qu’il s’agisse d’une forme héréditaire. Si elle s’installe avant l’âge de 30 ans, la probabilité augmente et va jusqu’à 50 % en cas de début avant 21 ans. Sinon, le Parkinson n’est pas considéré comme une maladie congénitale. Il est fort possible qu’il s’agisse d’une forme héréditaire du Parkinson, mais cela n’est pas avéré.

 

Je vous recommande une consultation génétique et éventuellement un test des principaux gènes héréditaires (p. ex. LRRK2, VPS35) pour votre époux. En présence d’une mutation de l’un de ces gènes, le risque pour vos fils de contracter la maladie pourrait être précisé, voire testé.

Dr méd. Georg Kägi, mars 2016

Troubles de la régulation de la température

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Transpiration

Atteinte du syndrome des jambes sans repos, je prends le médicament Requip® depuis près de dix ans. À présent, je sue excessivement au niveau de la tête, du front et de la nuque. Que me recommandez-vous contre la transpiration ?

 

Chez les parkinsonien(ne)s, la partie du système nerveux qui contrôle la sudation (le système nerveux autonome) est parfois sujette à des dysfonctionnements. Une sécrétion anormalement abondante de sueur (hyperhidrose) peut en résulter – souvent quand l’effet du médicament antiparkinsonien administré diminue. Certaines personnes transpirent pendant la nuit. L’hypersudation peut aussi accompagner les phases « on » (quand les antiparkinsoniens sont efficaces), notamment si les personnes concernées effectuent des mouvements excessifs involontaires (dyskinésies).

 

Votre transpiration est probablement due à un problème du système nerveux autonome et non à la prise régulière de Requip® depuis plusieurs années. Il est également possible de mieux contrôler l’hypersudation grâce à diverses mesures d’ordre général, par exemple en évitant les aliments ou les boissons susceptibles d’entraîner une sudation (comme les plats épicés et l’alcool) et en portant des vêtements amples en coton plutôt que des habits ajustés en matière synthétique.

Dre méd. Ines Debove, décembre 2019

Accès de sudation nocturnes

Je souffre d’accès de sudation nocturnes. Que puis-je faire ?

 

Les accès de sudation, dont souffrent près d’un tiers des parkinsoniens, apparaissent soit pendant les blocages, soit pendant les dyskinésies, et ce aussi bien la journée que la nuit. Dans tous les cas, la sudation, les vêtements et les draps humides sont très désagréables. Chez de nombreux parkinsoniens, les accès de sudation se produisent la nuit et les obligent à changer plusieurs fois de linge de nuit et de draps.

 

Les vêtements de sport soulagent la sensation désagréable de la peau transpirante (par exemple Icebreaker), même en guise de pyjama. Leur matériau spécial guide la transpiration de la peau vers la surface du vêtement. De bons textiles fonctionnels ont leur prix ; ils sont disponibles dans les magasins de sport. Par ailleurs, je recommande les vêtements de nuit en microfibres. Ces dernières sont absorbantes et confèrent une sensation de sec plus longtemps. Le matin, pensez à bien les aérer.

 

Vous pouvez essayer de limiter les accès de sudation nocturnes en prenant 40 gouttes de Salvia le soir, dissoutes dans un peu d’eau tiède. Cette préparation à la sauge soulage la sudation et se prête également aux soins de la bouche. Alternativement, prenez 5 à 20 gouttes trois fois par jour.

Elisabeth Ostler, Parkinson Nurse, juin 2020

Divers

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Séjour stationnaire ?

Quelle institution pouvez-vous me recommander pour un séjour stationnaire ? J’articule de moins en moins bien, je souffre d'épisodes dépressifs et je dors très peu. Le diagnostic de Parkinson m’a été annoncé il y a trois ans. Je suis sous traitement par Madopar.

 

Au cours de l’évolution de la maladie, maint(e)s parkinsonien(ne)s développent un trouble de l’élocution ou de la phonation, ce qui peut avoir pour conséquence un isolement social, voire une dépression. Voix basse, monotonie de la prosodie, timbre rauque, débit de parole accru ou prononciation inintelligible peuvent être des éléments caractéristiques. Bien que rares, des difcultés à trouver ses mots peuvent compléter le tableau clinique. Souvent, les patientes et les patients ne remarquent pas ces changements. La plupart du temps, l’efcacité des antiparkinsoniens contre ces symptômes est limitée.

 

En l’état actuel des connaissances, un traitement logopédique ciblé combinant la phoniatrie et l’orthophonie est la seule manière de restaurer la parole et la voix en cas de Parkinson. Le travail porte sur l’amélioration de la perception du corps, de la posture, de la respiration, de la phonation, du débit de parole et de l’articulation. La méthode LSVT© (Lee Silverman Voice Treatment) a fait ses preuves. Il s’agit d’un entraînement progressif systématique scientifiquement prouvé qui permet d’améliorer l’intelligibilité, notamment en augmentant le volume de la voix. Au cours des quatre semaines du programme LSVT© (une heure de thérapie par jour, quatre jours par semaine), les patient(e)s bénéficient en permanence d’un retour de la part des thérapeutes concernant le volume et la clarté de leur production vocale. Elles et ils apprennent également à percevoir « normalement » leur propre voix et à appliquer rigoureusement la méthode au quotidien. Pour que les effets de la thérapie persistent, les patient(e)s doivent continuer à s’exercer seul(e)s. Elles et ils peuvent contrôler le volume sonore de leur voix à l’aide d’un décibelmètre (disponible en ligne au tarif de CHF 20.–).

 

Bien que certain(e)s logopédistes proposent aussi cette méthode en ambulatoire, le programme ne peut actuellement être réalisé avec l’intensité nécessaire que dans le cadre d’un séjour hospitalier. Il s’avère donc judicieux de profiter des opportunités de réadaptation stationnaire intensive offertes par des cliniques spécialisées dans les soins du Parkinson telles que Tschugg, Zihlschlacht ou Rheinfelden.
Les dépressions accompagnées de troubles du sommeil requièrent aussi une approche thérapeutique pluridisciplinaire, associant par exemple la psychothérapie à d’autres traitements d’appoint, également proposée dans l’une des cliniques spécialisées  susmentionnées.

Dre méd. Helene Lisitchkina, mars 2019

Hospitalisation ?

Ma mère (70 ans) souffre du Parkinson depuis treize ans. Son état se dégrade. Elle prend des médicaments toutes les deux heures et elle alterne entre des périodes d’épuisement et d’hyperactivité. Elle ne peut plus participer à aucune activité, mais elle refuse tout traitement stationnaire. La doctoresse qui la suit n’est-elle pas en mesure de demander une hospitalisation ?

 

Aux stades précoces de la maladie de Parkinson, le traitement médicamenteux permet généralement de contrôler efcacement les symptômes moteurs. Au bout de quelques années cependant, nombreux sont les patientes et les patients qui font l’expérience de variations d’action. Une alternance entre des phases de ralentissement moteur et de bonne mobilité peut se produire plusieurs fois par jour. Elle est souvent soudaine et imprévisible.

 

À ce stade de la maladie, il peut s’avérer difcile de trouver une composition médicamenteuse optimale. Cela requiert une certaine expérience et une observation détaillée des symptômes, ce qui n’est parfois pas réalisable en ambulatoire. Un séjour stationnaire au sein d’une clinique spécialisée dans la prise en charge des parkinsonien(ne)s permet de surveiller étroitement les changements de symptômes. Le réglage fin optimal des médicaments n’est possible qu’ensuite. Autre atout majeur des différentes options de traitement de réadaptation pluridisciplinaire : elles peuvent également agir sur les symptômes non moteurs de la maladie de Parkinson.

 

Il n’est ni envisageable, ni pertinent de demander une hospitalisation sans le consentement de la personne concernée. Vous pouvez peut-être réexpliquer à votre mère les corrélations que j’ai mentionnées, le cas échéant avec l’aide des professionnel(le)s de santé chargé(e)s de son suivi médical (médecin, neurologue).

Dre méd. Helene Lisitchkina, mars 2019

Ultrasons focalisés

Je souhaite des informations sur les ultrasons focalisés dans le traitement de la maladie de Parkinson. Cette méthode est-elle encore en cours d’étude ou est-elle appliquée sur des patients sans étude préalable ?

 

Le traitement par ultrasons focalisés (UF) est encore très récent. Il consiste à désactiver de manière ciblée de minuscules régions du cerveau en concentrant les ondes ultrasoniques sur un point – en d’autres termes, en les sclérosant par la chaleur. Les ultrasons focalisés font donc partie des thérapies lésionnelles susceptibles d’être employées pour traiter le Parkinson. Dès les années 1950, avant que la stimulation cérébrale profonde ne soit disponible, les lésions chirurgicales  irréversibles  ont été utilisées pour traiter certains cas graves. La chirurgie lésionnelle habituelle (qualifiée de pallidotomie ou de thalamotomie), qui oblige à ouvrir le crâne, a été largement remplacée par la stimulation cérébrale profonde (SCP). En effet, la lésion des tissus dans le cadre de cette intervention est infime, la stimulation est programmée individuellement et elle peut être adaptée au fil du temps.

 

Une méthode très précise sans trépanation est désormais disponible : les ultrasons focalisés sous guidage IRM (MRIgFUS). Les données publiées jusqu’à présent au sujet de cette méthode sont encourageantes. Cependant, aucune comparaison directe ne peut être faite avec le traitement par SCP et la plupart des études menées actuellement sur les ultrasons focalisés n’examinent qu’un traitement unilatéral. La SCP est une méthode éprouvée qui est considérée comme standard. C’est la raison pour laquelle de nombreux experts sont réticents à l’égard des ultrasons focalisés. Davantage d’expérience et de certitude sont souhaitables. En Suisse, il est aujourd’hui possible de subir un traitement par ultrasons focalisés sans participer à une étude dans le cadre des soins de base. La couverture des frais doit être négociée au préalable avec la caisse d’assurance-maladie, mais la plupart du temps elle est acceptée.

 

Les résultats sur les parkinsoniens peuvent être bons, comme le montre la première publication sur les ultrasons focalisés dans le traitement du Parkinson (Magara et al. : Journal of Therapeutic Ultrasound, 2014, 2 : p.11) – du reste, elle est l’œuvre de pionniers suisses. Ces données concernent le traitement unilatéral par ultrasons focalisés. Un traitement bilatéral est également en cours d’étude, mais les conclusions n’ont pas encore été rendues publiques.

Dr méd. Michael Schüpbach, décembre 2017

Le cannabis est-il efficace contre le Parkinson ?

J’ai lu sur Internet que le cannabis est commercialisé sous forme de médicament. Est-il utilisé chez les patients parkinsoniens ? Dans l’affirmative, avec quels résultats ?

 

Le chanvre contient de nombreuses substances comme le cannabidiol (CBD) et le tétrahydrocannabinol (THC). Le médicament Sativex® est prescrit pour améliorer les symptômes de la spasticité modérée à sévère due à une sclérose en plaques (SEP). Il est autorisé en Suisse chez les patients qui n’ont pas répondu de manière adéquate aux autres traitements antispastiques et qui ont montré une amélioration cliniquement pertinente des symptômes liés à la spasticité lors d’une tentative initiale de traitement. Sativex® est soumis à la loi fédérale sur les stupéfiants et les substances psychotropes. L’utilisation de Sativex® en dehors de l’indication approuvée (p. ex. dans le cadre de la maladie de Parkinson) nécessite une autorisation de l’Office fédéral de la santé publique.

 

Les produits à base de chanvre dont la teneur en THC est inférieure à 1 % ne tombent pas sous le coup de la loi fédérale sur les stupéfiants et les substances psychotropes, et donnent de plus en plus lieu à une exploitation commerciale. Vous en trouverez un aperçu sur le site Internet de l’autorité suisse de contrôle et d’autorisation des produits thérapeutiques (https://is.gd/LzFnm8) et de l’Office fédéral de la santé publique (https://is.gd/jrA18K).

 

Bien que les médias aient publié plusieurs rapports – parfois même avec une documentation vidéo – décrivant une action bénéfique des produits à base de chanvre en cas de maladie de Parkinson, jusqu’à présent rien ne la confirme dans la littérature scientifique. Quatre études contrôlées à petite échelle n’ont mis en évidence aucun effet positif sur les troubles de la mobilité en cas de Parkinson.

 

La réduction des dyskinésies grâce au cannabis reste donc sujette à caution. Compte tenu des nombreuses substances et des différentes possibilités de consommation du cannabis, le type de produits à base de chanvre susceptible d’être appliqué au traitement antiparkinsonien devrait être examiné de toute urgence avant de formuler une quelconque recommandation. Jusqu’à présent, aucun élément de preuve scientifique n’existe quant à leur efficacité.

Prof. Dr méd. Carsten Möller, juillet 2017

La grippe aggrave-t-elle les symptômes ?

Mon époux, âgé de 69 ans, souffre du Parkinson depuis sept ans. Il a récemment attrapé la grippe.
Il me semble que ses symptômes parkinsoniens sont nettement plus marqués depuis. Est-ce possible ?

 

Oui, votre observation est exacte, il n’est pas rare que les symptômes parkinsoniens s’aggravent dans le cadre d’une maladie plus générale (grippe, pneumonie), d’un accident ou après une intervention chirurgicale majeure. Il y a plusieurs explications possibles. Souvent, les patients ne prennent plus régulièrement leurs médicaments en raison de leur faiblesse générale ou d’une perte d’appétit. Les vomissements ou la diarrhée empêchent l’absorption des médicaments dans le tractus gastro-intestinal.

 

Il est également possible que les médicaments pris en sus interfèrent avec la médication antiparkinsonienne. La fièvre suffit à provoquer une aggravation des symptômes pour la plupart des maladies du système nerveux. Et enfin, l’alitement forcé dû à la grippe peut entraîner une réduction générale de la mobilité (« manque d’entraînement »). Toutefois, après la disparition des symptômes grippaux, cette aggravation temporaire devrait se dissiper.

Prof. Dr méd. Mathias Sturzenegger (archives de Parkinson Suisse)

Stimulation magnétique transcrânienne

Ces derniers temps, il est souvent question du concept de « stimulation magnétique transcrânienne » dans le contexte du Parkinson. Comment fonctionne ce traitement et quels symptômes de la maladie permet-il de traiter ?

 

La stimulation magnétique transcrânienne (SMT) et la stimulation électrique transcrânienne à courant continu (tDCS) sont deux formes de stimulation cérébrale non invasive (SCNI). Elles permettent de stimuler à travers le crâne (depuis l’extérieur) certaines régions du cortex cérébral, qui est proche du crâne. La SMT recourt à un champ magnétique généré, la tDCS à un courant continu.

 

De récentes recherches révèlent que la SCNI pourrait devenir, parallèlement au traitement médicamenteux (dopaminergique), aux traitements non médicamenteux (physio- et ergothérapie, logopédie et neuropsychologie) et à la stimulation cérébrale profonde (SCP) invasive, une alternative pour le traitement des symptômes parkinsoniens moteurs, notamment des symptômes jusqu’à présent difficilement contrôlables comme les freezings (gel pendant la marche), les dyskinésies ou les troubles de la motricité fine. Plusieurs études sur l’innocuité de la SCNI ont débouché sur des recommandations claires pour l’application dans le cadre de la maladie de Parkinson. La SCNI est bien tolérée et si les directives sont respectées, elle ne présente aucun risque particulier.

 

Sur le plan clinique, la SMT est surtout utilisée à des fins diagnostiques, pour étudier ce que l’on appelle les potentiels évoqués moteurs (PEM). La SMT répétitive (SMTr) utilise des stimuli uniques qui se suivent ­rapidement et régulièrement ; elle permet une activation ou une inhibition de l’activité cérébrale. Elle présente donc un potentiel pour l’application thérapeutique. L’application de la SMTr revêt un intérêt particulier au niveau du cortex cérébral moteur, notamment grâce à sa plus grande accessibilité.
D’après un travail de synthèse publié récemment, la SMTr pourrait avoir des ­effets positifs sur les symptômes parkinsoniens, notamment la bradykinésie (ralentissement). Le recours à la SMTr serait ­susceptible de réduire à court terme les symptômes moteurs (effet durable jusqu’à trois mois). De plus, un possible effet anti­dépresseur pourrait être produit par stimulation du cortex préfrontal dorsolatéral (CPFDL). Aux États-Unis, la Food and Drug Administration (FDA) a autorisé la SMTr pour le traitement des dépressions. Les ­effets semblent être les mêmes qu’après la prise d’antidépresseurs.

 

Bien que l’efficacité de la SCNI semble prouvée sur quelques symptômes parkinsoniens, il convient de signaler qu’à l’heure actuelle, cette méthode de traitement complémentaire n’est guère appliquée dans les cliniques. Cela est sans doute dû au fait que les résultats expérimentaux doivent encore être prouvés dans le cadre d’études de plus grande envergure et mieux contrôlées. De plus, l’application de la SCNI en cas de symptômes parkinsoniens difficilement contrôlables comme les freezings doit encore faire l’objet d’examens plus approfondis. Il serait aussi intéressant d’étudier si une combinaison, par exemple d’un traitement physiothérapeutique fondé sur les preuves (entraînement sur tapis de course) et de la SCNI, serait susceptible d’accroître encore l’action thérapeutique sur les symptômes parkinsoniens.

 

Pour résumer, l’on peut dire qu’actuellement, la SCNI pourrait constituer une éventuelle alternative aux méthodes thérapeutiques établies pour le traitement des symptômes parkinsoniens moteurs. Les résultats expérimentaux obtenus à ce jour semblent prometteurs. Toutefois, les effets doivent être confirmés dans le cadre de meilleures études randomisées et contrôlées de plus grande ampleur.

Dr phil. Tim Vanbellingen, septembre 2015

Troubles de la miction

Je m’occupe à titre professionnel d’une dame qui souffre du Parkinson depuis plusieurs années. Lorsqu’elle est ­éveillée, elle est si tendue qu’elle ne parvient pas à vidanger sa vessie et ressent de vives douleurs. Que puis-je faire ?

 

La maladie de Parkinson est notamment caractérisée par la destruction des neurones responsables de la production du neurotransmetteur dopamine. Ils participent aussi au contrôle de la fonction vésicale. Les troubles vésicaux constituent donc un symptôme non moteur fréquent du Parkinson. Près de la moitié des patients sont concernés et leur qualité de vie en pâtit considérablement.

 

Une vessie hyperactive associée au besoin impérieux de la vidanger est typique de la maladie. Ce problème peut s’accompagner d’une incontinence, car les patients ne peuvent souvent pas atteindre les toilettes à temps compte tenu de leur mobilité limitée. Certains troubles vésicaux provoquent au contraire une vidange incomplète de la vessie. En découlent une rétention urinaire (souvent douloureuse) et la formation de résidu mictionnel, qui présentent un risque accru d’infections des voies urinaires. Dans tous les cas, il convient de consulter d’abord un urologue afin d’exclure toute autre cause du trouble vésical (p. ex. affections malignes des voies urinaires).

 

En l’absence d’une telle pathologie, le traitement dopaminergique par L-dopa ou agoniste dopaminergique doit être optimisé. Si cela ne suffit pas (ce qui arrive souvent), en cas d’hyperactivité de la vessie des médicaments (anticholinergiques) peuvent être utilisés pour calmer la vessie et permettre un meilleur contrôle de la miction. Toutefois, il n’est pas rare qu’ils aient des effets secondaires tels que les états de confusion (délire), en particulier chez les personnes âgées.

Dr méd. Stefan Hägele-Link (archives de Parkinson Suisse)

Hygiène dentaire

On m'a dit que l'hygiène dentaire était essentielle. Je fais de mon mieux, mais le maniement d'une brosse à dents est maintenant relativement pénible pour moi. Existe-t-il des outils pour m'aider ?

 

Vous avez raison. Il est important d’avoir une bonne hygiène dentaire. En effet, une bouche saine et des dents fortes améliorent l’apparence physique et permettent de bien absorber la nourriture. Comme toutes les autres activités qui vous posent problème ou sont pénibles, veillez à les réaliser pendant une phase de bonne mobilité, c’est-à-dire quand vos médicaments agissent.

 

Les brosses à dents ergonomiques qui atteignent les dents du fond ou un manche plus épais peuvent s’avérer utiles et la plupart des patients considèrent que les brosses à dents électriques sont très efficaces. Je vous les recommande. Si le maniement du fil dentaire pour nettoyer les interstices entre les dents (important !) est problématique, recourez à des brossettes pour espaces interdentaires qui sont équipées d’un long manche ou utilisez un hydropulseur (disponible avec les brosses électriques). Votre dentiste peut vous conseiller à ce sujet. Par ailleurs, soumettez-vous à un contrôle dentaire ou rendez-vous chez un hygiéniste dentaire tous les six à huit mois afin de préserver la santé de vos dents.

Elisabeth Ostler, Parkinson Nurse, juin 2020

Grossesse et Parkinson, oui ou non ?

Ma sœur, à qui l’on vient de diagnostiquer le Parkinson, souhaite absolument avoir des enfants – elle n’a que 28 ans ! Est-il possible d’enfanter malgré le Parkinson ?

 

Les publications scientifiques sur le Parkinson et la grossesse sont rares. Les données sur l’évolution de la maladie pendant la grossesse sont également limitées et parfois contradictoires. En outre, il n’existe aucune ligne directrice fondée sur la preuve sur ce thème. Par conséquent, la réponse à la question : « Grossesse et Parkinson, oui ou non ? » est très personnelle. Un conseil approfondi du neurologue traitant et – en cas de doute ou pour déterminer un éventuel risque accru de Parkinson héréditaire – d’un généticien en médecine humaine est recommandé avant la grossesse.

 

Sur le principe, la maladie de Parkinson n’exclut pas une grossesse réussie et une naissance sans complications. Je n’ai moi-même aucune expérience en matière de prise en charge de patientes parkinsoniennes enceintes, mais j’ai connaissance de quelques rapports concernant des patientes ayant vécu une grossesse et des naissances sans complications après la manifestation de leur maladie. Compte tenu des raisons de principe pharmacologiques, des résultats des expériences animales et des rares publications à ce sujet (majoritairement des études de cas), quelques recommandations générales doivent toutefois être formulées dans ce contexte : la lévodopa et les agonistes dopaminergiques, susceptibles de pénétrer dans le métabolisme hormonal, doivent être utilisés avec circonspection pendant une grossesse. En particulier pendant le premier tiers de la grossesse, il convient d’administrer la posologie minimale efficace des médicaments antiparkinsoniens.

 

Si la prise d’une préparation à base de L-dopa est indispensable, Sinemet doit être préféré à Madopar (qui contient du bensérazide et peut avoir des effets toxiques sur la moelle osseuse du fœtus). Pour d’autres antiparkinsoniens (amantadine, inhibiteurs de la MAO, inhibiteurs de la COMT), des expériences animales ont révélé un risque potentiel pour l’embryon. De nombreuses études de cas révèlent toutefois que la grossesse peut se dérouler sans complications sous traitement dopaminergique par voie orale.

Dre méd. Helene Lisitchkina (archives de Parkinson Suisse, mars 2013)

Pois mascate et fenugrec contre le Parkinson ?

J’ai lu sur Internet qu’en Inde, un extrait de fenugrec combiné à la L-dopa naturelle issue du pois mascate était utilisé pour traiter le Parkinson. Qu’en pensez-vous ?

 

La lévodopa (L-dopa) que nous utilisons aujourd’hui pour traiter la maladie de Parkinson a été isolée en 1913 de la graine de fève des marais (vicia faba). Sa pertinence pour le traitement du Parkinson a été identifiée beaucoup plus tardivement et elle n’a pas immédiatement été introduite sous forme de thérapie. Ce remède, du reste comme de nombreux médicaments obtenus aujourd’hui par synthèse, tire donc son origine d’une plante.

 

Le pois mascate (mucunapruriens), qui contient même davantage de L-dopa que la graine de fève des marais, a déjà été utilisé dans la médecine ayurvédique chez des patients que l’on pourrait aujourd’hui qualifier de parkinsoniens. De petites études contrôlées ont également étudié l’action de mucunapruriens en cas de la maladie de Parkinson. Cependant, il n’est pas toujours facile de passer d’une thérapie par L-dopa synthétisée à une thérapie par mucunapruriens, car le Parkinson est plus ou moins avancé selon les patients.

 

Plus la maladie est avancée, plus il est important que les doses administrées régulièrement contiennent la même quantité de substance active pour que l’effet à escompter soit prévisible. En d’autres termes, pour utiliser mucunapruriens il faut connaître exactement la teneur en L-dopa des comprimés ! Si l’effet est trop limité, une aggravation du syndrome parkinsonien peut en découler. Si l’effet est trop fort, cela implique un risque d’apparition de dyskinésies (mobilité excessive gênante). 
À ma connaissance, les frais de dosage ne sont pas pris en charge par la caisse d’assurance maladie. Selon le prestataire, ils sont de l’ordre de 40 euros (60 francs) pour 120 comprimés. Pour résumer : une thérapie par mucunapruriens pourrait certes jouer un certain rôle dans le traitement antiparkinsonien en Europe également – cependant, avant toute autorisation, des études cliniques et contrôlées sur de nombreux cas sont nécessaires pour évaluer son efficacité et son innocuité.
Le fenugrec (Trigonellafoenum-graecum) est une légumineuse dont le potentiel d’efficacité en complément de la L-dopa vient d’être examiné par des scientifiques indiens dans le cadre d’une étude d’efficacité et d’innocuité. Comme pour les autres études médicamenteuses, soit la substance végétale a été administrée en complément d’une thérapie par L-dopa, soit les patients ont reçu, sans le savoir, un placebo. Au total, 50 patients ont été examinés pendant six mois. Outre la question de la clarification de l’efficacité sur les symptômes parkinsoniens, un examen de sécurité a été réalisé avec différents paramètres sanguins afin de recueillir des informations sur les éventuels risques pour les patients.

 

Les auteurs ont identifié des signes d’évolution ralentie de la maladie chez les patients traités par L-dopa et par la substance végétale, de même qu’une certaine amélioration de la mobilité. Dans l’ensemble, il est toutefois trop tôt pour tirer une conclusion claire sur l’utilisation du fenugrec. Il est cependant possible que cette substance prenne une certaine importance dans le traitement anti­parkinsonien à l’avenir.

Dr méd. Stefan Hägele-Link (archives de Parkinson Suisse, juillet 2014)

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